Coronavirus : qui sont les 38 cas recensés en France depuis le début de l'épidémie ?

Deux malades sont morts des suites de complications. Vingt-quatre personnes testées positivement sont toujours hospitalisées. Les autres sont guéries.

Une affiche placardée dans un centre médical aux Contamines-Montjoie (Haute-Savoie), le 10 février 2020. 
Une affiche placardée dans un centre médical aux Contamines-Montjoie (Haute-Savoie), le 10 février 2020.  (ALEX MARTIN / AFP)

Aucun malade n'avait été déclaré en France depuis le 15 février. Mais depuis le mercredi 26 février, de nouveaux cas sont déclarés chaque jour. L'identification de nouvelles personnes contaminées par le coronavirus Covid-19, apparu en décembre dans la région de Wuhan (Chine), semble indiquer que la France, comme l'Italie et l'Espagne, n'échappera pas à l'épidémie.

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Vendredi 28 février, le bilan en France s'élève à 38 cas confirmés depuis l'apparition de la maladie – dont deux mortels. Vingt-quatre personnes testées positives au coronavirus sont encore hospitalisées, dont deux dans un état grave. Voici ce que l'on sait des différents cas observés sur le sol français depuis le début de l'épidémie.

Trois premiers malades venant de Chine 

Les trois premiers cas de coronavirus en France métropolitaine ont été confirmés le 24 janvier. Parmi eux, un couple de touristes chinois d'une trentaine d'années, qui visitaient Paris. Passés récemment par Wuhan, ils ont été placés à l'isolement à l'hôpital Bichat. En annonçant la nouvelle, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France a indiqué que leur état ne présentait pas d'inquiétude. Le 12 février, le numéro 2 du ministère de la Santé, Jérôme Salomon, a annoncé qu'ils étaient sortis de l'hôpital.

Le troisième cas concerne également un ressortissant chinois. Cet homme de 48 ans, alors hospitalisé à Bordeaux, n'est pas un touriste. Originaire de la région de Wuhan, il travaille dans le secteur viticole, dans le Bordelais. Selon ses proches, cités par France 3 Nouvelle Aquitaine, le patient n'a pas reçu de traitement particulier, mis à part du paracétamol pour la fièvre. Après trois semaines d'isolement, le 13 février, le ministère de la Santé a confirmé sa guérison et sa sortie de l'hôpital.

Six Britanniques contaminés en Haute-Savoie

Le 8 février, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, annonce que cinq nouveaux malades du coronavirus ont été repérés et hospitalisés sans signe de gravité en France. Il s'agit de Britanniques ayant côtoyé, fin janvier, dans un chalet de Haute-Savoie, aux Contamines-Montjoie, un compatriote de retour de Singapour. Ces cas – quatre adultes et un enfant de 9 ans – représentent donc un "cluster", c'est-à-dire un regroupement de plusieurs cas autour d'un "cas initial".

"Leur état clinique ne présente aucun signe de gravité", précise par la suite Agnès Buzyn. Dans l'entourage de ces Britanniques, d'autres personnes sont placées à l'isolement dans des hôpitaux de Grenoble et Lyon. Une mesure qui prouve son efficacité : le 15 février, un sixième Britannique est testé positif alors qu'il est déjà hospitalisé dans un établissement lyonnais. Lundi 24 février, le successeur d'Agnès Buzyn, Olivier Véran, confirme que le dernier patient de ce groupe de six était guéri et que tous avaient pu retrouver leur domicile.

Un octogénaire chinois, premier mort sur le sol français, et sa fille contaminée

Un Chinois de 80 ans est hospitalisé le 25 janvier, à Paris. Arrivé deux jours plus tôt de la province du Hubei, foyer de l'épidémie, il est testé positif au coronavirus. Rapidement, son état se dégrade : il est placé en réanimation pendant plus de deux semaines avec une grave infection pulmonaire. Le 14 février, il meurt des suites de complications. "Il s'agit là du premier décès par le coronavirus en dehors de l'Asie, donc le premier décès en Europe", précise Agnès Buzyn. La fille de ce patient, âgée de 50 ans, est elle aussi hospitalisée à Paris. Testée positive, elle ne développe pas de complications. Lors de sa conférence de presse, la ministre de la Santé indique qu'elle est tirée d'affaire et apte à quitter rapidement l'hôpital Bichat.

Un médecin après avoir reçu un patient chinois

Les personnes qui arrivent d'une zone à risque et qui présentent des symptômes sont invitées à contacter le 15 et à ne pas se rendre aux urgences, ni chez un généraliste. Et pour cause : c'est au cours d'une consultation de ce type qu'est survenu le premier cas de transmission sur le sol français. Le 30 janvier, le ministère de la Santé annonce qu'un médecin libéral a été contaminé par un patient chinois reparti ensuite pour Taïwan, où il a déclaré la maladie.

Hospitalisé à la Pitié Salpêtrière, à Paris, ce praticien d'une cinquantaine d'années a témoigné le 3 février sur BFMTV : "J'ai eu un petit peu de fièvre, je suis monté à 38 °C, avec mal à la gorge et mal à la tête. Et puis la fièvre est passée le lendemain, les maux de gorge trois jours après, et puis les maux de tête cinq jours après. Je n'ai plus rien depuis trois jours. (...) Franchement, si je n'avais pas su par l'ARS [l'Agence régionale de santé] que j'avais côtoyé un patient malade, je ne l'aurais pas su." Il est sorti de l'hôpital le 14 février. 

Une Franco-Chinoise de 33 ans 

Une Franco-Chinoise de 33 ans revenue de Chine le 7 février a également été hospitalisée à Paris. Elle ne présentait aucun signe clinique de gravité. Considérée comme guérie, elle a quitté l'hôpital le 26 février, a annoncé le numéro 2 du ministère de la Santé, Jérôme Salomon. 

Un "cluster" en Haute-Savoie

Un Français de 64 ans est hospitalisé à Annecy (Haute-Savoie). Selon l'Agence régionale de santé d'Auvergne-Rhône-Alpes, il a été testé positif mardi 25 février. Cet homme, qui réside à La Balme-de-Sillingy, est "amené professionnellement à se déplacer plusieurs fois par mois entre la France et l'Italie, notamment en Lombardie", a fait savoir l'ARS, citée par Le Dauphiné libéré.

"Il a été en capacité de retracer avec exactitude l'ensemble de ses rendez-vous", a fait savoir le directeur général adjoint de l'ARS Rhône-Alpes-Auvergne. "Les contacts établis sont en cours d'analyse et de traitement, comme pour le 'cluster' des Contamines-Montjoie. Pour ses proches, s'ils ont des symptômes, ils vont subir des prélèvements et, dans l'attente des résultats, ils seront isolés à leur domicile." 

L'épouse de ce patient a par la suite été testée positive puis hospitalisée mercredi 26 février, selon Jérôme Salomon. L'état de santé du couple n'inspire pas d'inquiétude, mais trois personnes de leur entourage sont aussi contaminées et donc hospitalisées, ont annoncé jeudi les autorités.

Un enseignant mort dans l'Oise

Un Français de 60 ans est mort dans la nuit du 25 au 26 février, à l'hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière. C'est le premier décès d'un Français contaminé dans l'Hexagone. Il avait été "testé en urgence" mardi "dans un état gravissime", selon les mots du directeur général de la santé, Jérôme Salomon. Une enquête a été lancée en "urgence" pour savoir où il a pu être infecté.

En effet, cet enseignant dans un collège de Crépy-en-Valois (Oise) n'avait pas voyagé dans une zone touchée par le virus. C'est pour cette raison, a précisé le directeur de l'ARS des Hauts-de-France, Etienne Champion, que l'équipe médicale de l'hôpital de Creil, où le professeur a été soigné pendant six jours, n'a pas soupçonné un cas de coronavirus. 

Une trentaine de membres du personnel soignant de Creil, qui ont été en contact direct avec le patient, ont été identifiés. Ils ont été prévenus et se trouvent désormais en quarantaine chez eux, selon une source syndicale de l'hôpital de Creil à France Télévisions. Aucun ne présentait de symptômes mardi après-midi, a précisé cette source. Des tests sont en cours sur deux patients qui se trouvent à l'isolement à l'hôpital, dans un état stable.

Un homme dans un état grave à Amiens

Un Français de 55 ans, lui aussi originaire de l'Oise, est hospitalisé à Amiens (Somme) "dans une situation clinique grave (...) en réanimation", a annoncé le ministère de la Santé, mercredi 26 février. Selon l'ARS des Hauts-de-France, il ne s'est pas, lui non plus, rendu dans une zone d'exposition à risque.

Douze cas liés aux malades originaires de l'Oise

Parmi les proches de l'enseignant décédé et de l'homme hospitalisé à Amiens, douze nouveaux cas ont été détectés vendredi 27 février. Il s'agit de contacts familiaux et professionnels. Ces personnes ont été hospitalisées à Nantes, Lille, Dijon, Saint-Mandé, Compiègne et Paris. Deux malades sont dans un état grave, l'un à Tenon et l'autre Compiègne.

Des cas isolés de retour d'Italie et d'Egypte

Un homme de 36 ans, revenu de Lombardie, a été hospitalisé à Strasbourg. De retour d'un séjour à Milan, il est soigné et placé à l'isolement au Nouvel Hôpital civil. Il ne présente pas "de signe de gravité", a indiqué mercredi le ministre de la Santé.

Un autre homme, lui âgé de 31 ans et revenant d'un séjour en Lombardie, a été diagnostiqué jeudi. Il s'est signalé au 115, respectant les recommandations des autorités sanitaires, et a été acheminé au CHU de Montpellier par transport sanitaire spécifique, sans passer par les urgences, comme l'exige le protocole. Selon l'ARS, son état ne présente pas non plus de signe de gravité. Les personnes qui auraient été en contact avec le patient ont été averties et ont reçu des consignes spéciales. La conjointe et les deux jeunes enfants du malade sont notamment concernés. 

Deux personnes âgées, de retour d'un voyage de groupe en Egypte, ont également été testées positives au coronavirus Covid-19, et sont prises en charge à Brest et Dijon.

Un patient lyonnais en réanimation 

Un nouveau cas a été découvert à Lyon jeudi soir. Il s'agit d'un homme de 50 ans, arrivé aux urgences de l'hôpital Saint-Joseph Saint-Luc dans la nuit du 26 au 27 février, indique BFMTV. Il a été hospitalisé puis placé en réanimation après un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Il a subi trois tests au coronavirus Covid-19, tous positifs. Le patient présentait un état grippal depuis quelques jours mais ne s'était rendu ni en Asie, ni en Italie.