Covid-19 : ce que l'on sait de la mort de l'enseignant de l'Oise infecté par le coronavirus

Cet enseignant de 60 ans n'avait pas voyagé dans une zone à risque. 

L\'entrée de l\'hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris, le 31 juillet 2014. 
L'entrée de l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris, le 31 juillet 2014.  (IMAGE POINT FR / BSIP / AFP)

La propagation de l'épidémie de coronavirus qui frappe le monde semble s'accélérer en France. Le ministère de la Santé a annoncé, mercredi 26 février, trois nouveaux cas de contamination au nouveau coronavirus dans l'Hexagone. L'un des trois, un homme de 60 ans, est mort dans la nuit. Un homme de 55 ans, admis "dans une situation clinique grave" au CHU d'Amiens (Somme) dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 février, se trouve actuellement en réanimation. Selon la préfecture de l'Oise, le quinquagénaire est un militaire travaillant sur la base aérienne de Creil. Enfin, le troisième cas révélé, à Strasbourg (Alsace), concerne un homme de 36 ans de retour de Lombardie, principal foyer italien, mais qui "ne présente pas de signe de gravité".

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Pour l'heure, le bilan de la maladie Covid-19 en France est donc de deux morts – ce Français de 60 ans et un touriste chinois de 80 ans –, onze guérisons et quatre malades toujours hospitalisés, soit 17 cas au total. Franceinfo revient sur ce que l'on sait de ce nouveau cas mortel.

Un enseignant de 60 ans

Le premier Français mort après avoir été infecté par le nouveau coronavirus, décédé dans la nuit à Paris, est un enseignant d'un collège de Crépy-en-Valois (Oise), a annoncé le ministère de l'Education nationale. Dans cette zone académique, éleves et enseignants sont en vacances scolaires depuis le 14 février au soir, et reprendront les cours lundi prochain.

Mercredi après-midi, lors d'une conférence de presse, le responsable de l'Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France a été clair : "Cet enseignant a été en arrêt de travail à partir du 12 février inclus et il n'a pas fréquenté son établissement depuis cette date. Sachant que le délai d'incubation et d'apparition de la maladie est de quatorze jours au maximum, seuls les parents, adultes et enfants, collègues ou parents d'élèves ayant été en contact avec cette personne et dont les symptômes – fièvre, toux, difficultés respiratoires – ont débuté entre le 12 février et le 25 février inclus seront invitées à se manifester auprès du 15. Nous avons dépassé la periode d'incubation, donc une personne qui aujourd'hui n'est pas malade n'est plus concernée par la contagion puisque l'arret de travail date de plus de quatorze jours."

L'origine de l'infection encore inconnue

Ni l'homme de 60 ans ni l'autre personne hospitalisée dans un état grave, ne s'étaient rendus dans une zone d'exposition à risque, a indiqué mercredi après-midi le directeur général de l'ARS dans les Hauts-de-France, Etienne Champion. "Et c'est pourquoi dans un premier temps ils n'ont pas été identifiés comme des cas possibles de coronavirus." "Les investigations sont encore en cours à cette heure pour déterminer la source de ces deux contaminations", a-t-il ajouté.

"L'enquête a été lancée en urgence" sur l'endroit où le patient mort dans la nuit a pu être infecté et sur son entourage, avait déjà expliqué plus tôt le numéro deux du ministère de la Santé, Jérôme Salomon, lors d'une conférence de presse mardi matin. 

Hospitalisé puis transféré lundi à Paris

Dans un premier temps, ce patient a été pris en charge au sein du centre hospitalier de Creil (Oise). Il y est resté six jours au service de réanimation, selon une source syndicale de l'hôpital de Creil à France Télévisions, avant d'être transféré dans un "état gravissime" à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, poursuit France 3 Hauts-de-France. C'est là que l'enseignant a été testé en urgence, lundi. Un test positif au Covid-19. Cependant, une source médicale assure à France Télévisions qu'il n'est pas mort du Covid-19 mais d'une embolie pulmonaire massive. Une information qui confirme les déclarations du maire de Vaumoise, où cet homme était conseiller municipal, auprès du Parisien.

Une celulle de crise pour retrouver les personnes en contact avec lui 

Une cellule de crise a été mise en place par l'ARS Hauts-de-France et travaille "depuis hier soir à l'identification des personnes avec lesquelles les deux patients ont été en contact rapproché", a poursuivi Etienne Champion lors de la conférence de presse donnée mercredi. "Les proches ont été immédiatement contactés et sont en cours de mise en surveillance." 

Le plan blanc déclenché à l'hôpital de Creil 

"Une enquête a été ouverte et le personne médical creillois a été placé en confinement", selon nos confrères. Au Parisienle directeur de l'établissement où l'homme de 60 ans a d'abord été soigné a déclenché le plan blanc. "Ce plan permet de mobiliser immédiatement des moyens de toute nature dont chaque hôpital dispose pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle et en cas d'afflux massif de patients", indique le quotidien.

Une trentaine de personnels soignants de Creil, qui ont été en contact direct avec le patient, sont tous identifiés. Ils ont été prévenus et sont en quarantaine chez eux, selon une source syndicale de l'hôpital de Creil à France Télévisions. Aucun ne présentait de symptômes mardi après-midi, a précisé cette source syndicale. Des tests sont en cours sur deux patients. Ils sont à l'isolement dans l'hôpital dans un état stable. L'établissement est ouvert, y compris les urgences, et fonctionne normalement.

"Pour les cas contacts ne présentant pas de symptômes, il leur sera demandé de rester à domicile pendant les quatorze prochains jours", a ajouté Etienne Champion. Ceux qui présenteraient des symptômes seront "hospitalisés à l'isolement dans l'attente d'un diagnostic."