Coronavirus : "Maintenir les JO dans l'année, c'est impossible", estiment les sportifs français favorables à un report

On se dirige tout droit vers le report des Jeux olympiques de Tokyo... En attendant la décision du comité international olympique, le CNOSF consulte les fédérations et les athlètes français avant de prendre officiellement position.

Un homme porte un masque de protection, devant le logo des jeux olympiques de Tokyo 2020.
Un homme porte un masque de protection, devant le logo des jeux olympiques de Tokyo 2020. (MLADEN ANTONOV / AFP)

Cela fait pour certains plusieurs mois, voire plusieur années qu'ils préparent ces Jeux olympiques de 2020, qu'ils ont cette compétition dans le viseur. Mais en raison de l'épidémie de coronavirus et du confinement, les sportifs français doivent revoir leurs préparation et leur agenda. Après le CIO, le Japon, pays hôte, a admis la possibilité d'un report des JO de Tokyo, prévus à l'été prochain.

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Pragmatique, le judoka Axel Clerget garde une lueur d’espoir : "Si c’est quinze jours, trois semaines, voire un mois, ça passe encore. Il y a plein de sportifs qui se blessent et qui arrivent à revenir après une coupure. Pour moi, il n’y a pas d'affolement. Et puis on espère que le virus va diminuer", se dit le Français, qui représente une chance de médaille dans la catégorie des -90kg. Mais il nuance tout de même : "En revanche, c’est vrai que si ça dure plus longtemps, il faudra être intelligent et reporter les Jeux".

"La santé passe avant tout"

De son côté, la basketteuse Sandrine Gruda est plus catégorique : la santé passe avant tout, même avant les Jeux olympiques. "On parle là de la santé publique mondiale. Je suis prête à m'adapter à toute situation. S’il faut reporter les Jeux pour protéger les athlètes et toutes les personnes qui gravitent autour de cette magnifique organisation, je suis prête à le faire", avance l'intérieure de 32 ans.

Même constat pour le tennisman Lucas Pouille. Même s’il s’entraîne confiné dans une résidence privée équipée d’un terrain de tennis, le 58e joueur mondial n’envisage pas d’aller aux Jeux dans ce contexte : "Les athlètes français n'ont pas l'occasion de s'entraîner, de se préparer comme il faut".

Aujourd’hui, on est incapable de dire quand est-ce que des structures comme l’Insep ou des clubs pourront rouvrir pour que les athlètes puissent s’entraîner.Lucas Pouille, 58e mondial au classement ATPà franceinfo

"C'est un peu délicat de maintenir les Jeux alors que les athlètes n’ont pas la possibilité d’être prêts à 100%, estime Lucas Pouille. Je pense que maintenir les Jeux dans l’année, c'est impossible, donc plutôt organiser ça l'année prochaine."

A quelle date seront-ils reportés ?

Pour le sélectionneur de l’équipe de France de volley-ball Laurent Tillie, l’affaire est entendue, il ne croit plus à un voyage à Tokyo cet été avec les Bleus, malgré les chances de médaille : "C’est une grande, grande déception parce qu’on se focalisait sur cette compétition. Pour une fois, on s’était qualifié tôt, on avait le temps d’imaginer, de se préparer, de mettre en place un programme... Mais là, tout risque d'être chamboulé", déplore le sélectionneur.

Quand est ce qu'ils vont être déplacés ? À quelle date ? Fin d'année 2020, 2021, voir même 2022 ? Je suis trop sonné pour avoir une idée, un avis.Laurent Tillie, sélectionneur de l'équipe de France de volley-ballà franceinfo

Après consultation des athlètes, le Comité national olympique et sportif français appellera probablement au report des Jeux olympiques, mardi en début d’après-midi. C'"est plus que probable", a confirmé mardi matin sur franceinfo Tony Estanguet, membre du CIO et président du comité d’organisation des JO de Paris 2024. "Le CIO est en train de regarder les différentes options", a-t-il ajouté.