Coronavirus : l'Union européenne s'attend en 2020 à "un choc économique sans précédent depuis la grande dépression"

La Commission européenne a prédit mercredi une chute record du PIB de 7,7% en zone euro pour 2020. Puis un rebond de 6,3% en 2021. 

Un homme passe devant la Commission européenne à Bruxelles (Belgique), le 8 avril 2020.
Un homme passe devant la Commission européenne à Bruxelles (Belgique), le 8 avril 2020. (ARIS OIKONOMOU / AFP)

La crise du coronavirus va laisser des traces, et notamment sur l'économie. La Commission européenne a prédit, mercredi 6 mai, une récession "historique" dans l'Union européenne cette année. "L'Europe fait face à un choc économique sans précédent depuis la grande dépression", a souligné le Commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, en faisant référence à la crise de 1929.

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Dans le détail, la Commission table sur une chute record du PIB de 7,7% en zone euro pour 2020, puis sur un rebond de 6,3% en 2021. "La profondeur de la récession et la force de la reprise sera différente selon les pays, conditionnée à la vitesse avec laquelle ils pourront lever les mesures de confinement, l'importance dans chaque économie des services, comme le tourisme, et les ressources financières de chacun des Etats", a ajouté l'élu italien.

Sans surprise, les pays pour lesquels la Commission européenne anticipe les pires récessions cette année sont dans l'ordre : la Grèce (-9,7%), l'Italie (-9,5%) et l'Espagne (-9,4%), très dépendants des dépenses des vacanciers. En 2021, l'économie grecque devrait rebondir de 7,9%, italienne de 6,5% et espagnole de 7%.

En France, une récession attendue de 8,2% 

Pays à la fois touristique et industriel, la France ne tire guère mieux son épingle du jeu avec une récession attendue de 8,2% en 2020, puis un rebond de 7,4% en 2021. Première économie de la zone euro, l'Allemagne, très dépendante de ses exportations, verra, elle, son PIB reculer de 6,5% en 2020, les Pays-Bas de 6,8%, selon les prévisions de printemps de la Commission européenne.

Conséquence de cette récession historique, les déficits publics devraient se creuser dans tous les Etats membres de la zone euro et leurs dettes publiques très fortement augmenter en 2020, avant de voir la situation s'améliorer en 2021.

Mais les pays déjà fragiles avant la crise seront plus vulnérables que les autres. Ainsi l'Italie, pays le plus endeuillé par la pandémie de coronavirus de la zone euro et dont la situation économique inquiète ses partenaires européens, devrait voir sa dette publique exploser à 158,9% du PIB en 2020, après 134,8% en 2019. Parmi les 19 pays ayant adopté la monnaie unique, seule la Grèce fait pire avec une dette publique à 196,4% du PIB en 2020.