Coronavirus : Google mesure les chutes de fréquentation des lieux publics liées au confinement, grâce aux données de géolocalisation

En France, la fréquentation des lieux de divertissement a chuté de 88%, celle des commerces alimentaires de 72% et celle des parcs et jardins de 82%.

Ces rapports utilisent les données \"agrégées et anonymisées\" des utilisateurs Google ayant activé \"l\'historique des positions\" dans les paramètres de leur compte.
Ces rapports utilisent les données "agrégées et anonymisées" des utilisateurs Google ayant activé "l'historique des positions" dans les paramètres de leur compte. (HAKAN NURAL / ANADOLU AGENCY / AFP)

Une fréquentation en chute libre dans les lieux publics et les commerces. C'est le bilan sans surprise du confinement en France, selon des données publiées par Google (fichier pdf) vendredi 3 avril. Pour établir ces chiffres, Google utilise les données de localisation de ses utilisateurs.

>> Coronavirus : suivez les dernières informations sur la pandémie de Covid-19 dans notre direct

Depuis les mesures de restrictions annoncées mi-mars par le gouvernement pour freiner la progression du coronavirus, la fréquentation des lieux de divertissements (restaurants, cafés, centre commerciaux, parcs à thèmes, musées, bibliothèques et cinémas) a chuté de 88% par rapport à la fréquentation observée en période normale. 

Seuls commerces à avoir l'autorisation d'ouvrir malgré le confinement, les supermarchés, commerces alimentaires et pharmacies sont malgré tout bien moins visités qu'avant, avec une chute de fréquentation de 72%, selon ces données. La chute est de 82% pour les parcs, plages, places et jardins publics, de 87% pour les gares, stations de métro et arrêts de bus, et de 56% pour les lieux de travail. Seule catégorie à enregistrer une hausse de fréquentation : les lieux de résidence (+18%). Des chiffres plus détaillés, région par région, sont également disponibles.

Des données pour 131 pays

Avec ces données, Google entend aider les pouvoirs publics à évaluer l'efficacité des mesures de distanciation sociale contre le coronavirus. Téléchargeables sur un site dédié pour plus de 131 pays dont la France, ces rapports doivent révéler les "tendances générales des mouvements de personnes au fil du temps et par zone géographique, dans différentes catégories d'endroits tels que les lieux de loisirs, les commerces d'alimentation, les pharmacies, les parcs, les stations de transport en commun, les lieux de travail et de résidence", explique le géant américain sur son blog officiel.

"Nous afficherons les tendances sur plusieurs semaines" sous forme d'"une augmentation ou diminution du pourcentage des visites", et non d'un nombre absolu, précise l'article signé par la directrice des produits géographiques de Google (dont Maps) Jen Fitzpatrick et la médecin en chef de Google Health Karen DeSalvo. Les informations les plus récentes dateront "de 48 à 72 heures".

Google assure préserver la vie privée

Comme la détection d'embouteillages ou la mesure de la fréquentation des commerces sur Google Maps, ces rapports utilisent les données "agrégées et anonymisées" des utilisateurs Google ayant activé "l'historique des positions", qui peut être supprimé ou interrompu dans les paramètres du compte.

"Pour protéger la vie privée des personnes, aucune information personnellement identifiable, comme l'emplacement, les contacts ou les mouvements d'une personne, n'est mise à disposition", écrit Google. Pour empêcher toute tentative d'identification d'une personne au sein de l'ensemble de données, l'entreprise a mis en œuvre une technique statistique appelée "confidentialité différentielle", qui ajoute du "bruit" dans les données brutes tout en conservant des statistiques proches de la réalité.

La sélection de franceinfo sur le coronavirus

• Infographies. INFOGRAPHIES. Coronavirus : nombre de décès par département, âge des malades, réanimations… Visualisez l'évolution de l'épidémie en France et en Europe

• Eclairage. Coronavirus : a-t-on raison de douter du nombre de morts annoncé par la Chine ?

• Enquête. Comment la France a sacrifié sa principale usine de masques basée en Bretagne

• Témoignages. "S'ils ne font rien pendant des mois, ça va être la catastrophe" : en pleine crise du coronavirus, la galère des profs de lycées défavorisés pour maintenir les élèves à flot

• Vidéo. Les quatre gestes simples à adopter pour se protéger et éviter la propagation