"Les parlementaires sont là pour contrôler les privations de libertés" : des élus haussent le ton sur une éventuelle décision de reconfinement

Alors que la pression scientifique s'accroît en faveur d'un nouveau confinement pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, des responsables politiques font savoir qu’ils ne laisseront pas faire sans un débat et un vote au Parlement.

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Radio France
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Le président du Sénat Gérard Larcher et celui de l'Assemblée nationale Richard Ferrand prennent congé du président de la République Emmanuel Macron, le 2 juillet 2020 au Palais de l'Elysée (Paris) (IAN LANGSDON / EPA)

C'est le président Les Républicains du Sénat, Gérard Larcher, qui a ouvert le bal. Emmanuel Macron préside mercredi un nouveau conseil de défense sanitaire mais a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne prendrait pas la parole dans les prochains jours, le temps d'évaluer l'efficacité du couvre-feu. Mais si effectivement un troisième confinement devait se profiler, il devrait passer par la case Parlement, estime Gérard Larcher qui demande un débat et un vote. Patrick Kanner, le chef de file des sénateurs socialistes, est bien d’accord sur le principe.

"C’est bien d’avoir des conseils de défense, des conseils scientifiques, des conseils citoyens… Mais finalement le conseil de la Nation ça reste, et ça doit rester, le Parlement."

Patrick Kanner, sénateur socialiste

à franceinfo

"C’est pour ça que Gérard Larcher a raison de demander à ce que nous soyons respectés, non pas pour nous-mêmes mais pour représenter les Français dans de bonnes conditions", explique Patrick Kanner.   

Même tonalité à l'Assemblée, côté Les Républicains. Le groupe n'a pas encore arrêté sa position mais Aurélien Pradié, le numéro 3 du parti, demande lui aussi ce débat. "Depuis plusieurs mois, le gouvernement a les mains totalement libres pour prendre des décisions graves et les opérations de confinement sont des décisions graves. Celles et ceux qui sont là pour contrôler les privations de libertés, ce sont les parlementaires. Donc oui je souhaite qu’il y ait évidemment ce débat, déclare Aurélien Pradié. Pour le reste, je suis pour ma part très réservé sur un nouveau confinement parce que je crains qu’à force d’utiliser cet outil moyenâgeux, on finisse par avoir des conséquences peut-être encore plus graves que le mal", ajoute-t-il.

Pas d'anticipation négative, répond l'exécutif qui martèle que rien n'est encore décidé sur un éventuel reconfinement. Mais Matignon rappelle que le Premier ministre s'est déjà plusieurs fois plié à l'exercice : Édouard Philippe en avril, Jean Castex en octobre.

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