Couvre-feu, lieux culturels maintenus fermés, fin des attestations en journée : ce qu'il faut retenir des annonces de Jean Castex

Jean Castex a confirmé, jeudi, "la possibilité de se déplacer sur tout le territoire" à partir du 15 décembre, malgré des "règles plus strictes" que prévu contre le Covid-19. Il n'y aura plus d'attestations en journée, mais un couvre-feu est instauré de 20 heures à 6 heures du matin. Sauf le 24 décembre.

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Le Premier ministre, Jean Castex, le 10 décembre 2020 lors d'une conférence de presse sur le Covid-19, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

A quinze jours de Noël, le gouvernement a annoncé, jeudi 10 décembre, lors de la traditionnelle conférence de presse hebdomadaire sur la crise du Covid-19, un assouplissement des restrictions sanitaires au 15 décembre. Mais de nombreuses restrictions vont rester en vigueur. Les décisions ont été prises face à une situation moins favorable qu'anticipé.

Fin octobre, le chef de l'Etat avait conditionné la phase 2 du déconfinement, après la réouverture des commerces fin novembre, à plusieurs critères, dont le seuil de 5 000 cas détectés par jour. Or, l'objectif s'éloigne. "La partie est loin d'être gagnée" et "l'amélioration de l'épidémie" de coronavirus "marque le pas depuis une semaine" en France, a prévenu le Premier ministre. "Nous sommes sur une sorte de plateau", a souligné Jean Castex, alors que quelque 14 000 contaminations ont été recensées jeudi. Franceinfo résume ce qu'il faut retenir de ces nouvelles annonces.

Un couvre-feu de 20 heures à 6 heures

Lors de son allocution le 24 novembre, le chef de l'Etat avait annoncé qu'à partir du 15 décembre, un couvre-feu serait en vigueur sur l'ensemble du territoire entre 21 heures et 7 heures du matin. "Comme prévu, nous rétablirons un couvre-feu dès le 15 décembre, mais il sera durci par rapport à ce que nous vous avions annoncé : d’une part, il débutera dès 20 heures et non à 21 heures ; d’autre part, il sera strictement contrôlé avec des possibilités de dérogation limitées", a annoncé le Premier ministre Jean Castex.

Finalement, ce couvre-feu sera en vigueur jusqu'à 6 heures du matin, a précisé, par la suite, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Ce couvre-feu ne concernera pas les territoires ultramarins, a-t-il ajouté. Seule la Martinique avait été placée en confinement début novembre, mais est désormais sous couvre-feu depuis mardi et pour seulement une semaine. Interrogé sur les déplacements depuis la métropole vers ces territoires, Jean Castex a rappelé, par la suite, que pour se rendre en outre-mer, un test négatif était nécessaire "pour rejoindre la collectivité en question". Il a également indiqué les règles n'étaient "pas homogènes" sur tous les territoires, avec par exemple la Nouvelle-Calédonie qui impose une quatorzaine dans des hôtels dédiés à l'arrivée.

Une attestation de déplacement pour le couvre-feu (mais plus d'attestation en journée)

Pendant le couvre-feu (donc la nuit), les déplacements seront autorisés seulement sous conditions. Par exemple, pour exercer son activité professionnelle, promener son animal de compagnie ou pour la garde d'enfants. Mais la pratique sportive ne sera pas autorisée le soir, a précisé Gérald Darmanin. Pour justifier de ces déplacements, il faudra se munir d'une attestation de déplacement dérogatoire, comme pendant le confinement. Une nouvelle version de l'attestation sera disponible.

En journée (de 6 heures à 20 heures), les attestations ne seront plus nécessaires à partir du 15 décembre. Néanmoins, le ministre de l'Intérieur a rappelé que l'idée était "de limiter les déplacements y compris pour partir en vacances". "Les Français pourront partir dans la journée, montrer leur attestation s’ils sont à quelques encablures de leur lieu de vacances, mais sinon il faudra rester chez soi, ou dans son lieu de vacances, de 20 heures à 6 heures", a-t-il martelé.

Couvre-feu levé le 24 décembre, mais pas pour le réveillon du Nouvel An

Emmanuel Macron avait envisagé la levée du couvre-feu instauré les 24 et 31 décembre, pour les fêtes de fin d'année. Ce sera bien le cas pour la veillée de Noël, mais pas pour la Saint-Sylvestre. "Ce couvre-feu concernera aussi, contrairement à ce que nous avions envisagé initialement, le réveillon du 31 décembre", a annoncé Jean Castex. Il a justifié ce choix par le fait que ce réveillon est "un moment particulièrement festif" et que par conséquent "il concentre tous les ingrédients d’un rebond épidémique", tandis que "Noël occupe une place à part dans nos vies et nos traditions".

"Nous devons être raisonnables, respecter la règle du couvre-feu, rester chez soi le 31 décembre et suivre la recommandation d’un maximum de 6 adultes", a ajouté le Premier ministre peu après. Interrogé plus précisément sur ce point par les journalistes présents, il a précisé par la suite qu'il "sera possible d’inviter des personnes chez soi" le soir du 31 décembre, en suivant cette recommandation de six personnes et à condition que ces personnes arrivent avant 20 heures et repartent après 6 heures. "Mais l’objectif est de limiter les déplacements, donc on fait une exception pour le 24 décembre mais pas le 31", a insisté Jean Castex. "La meilleure manière de fêter le passage à l’année 2021 c’est de faire attention les uns aux autres et d’être responsable, même si on a envie d’autre chose", a complété, à ses côtés, le ministre de la Santé Olivier Véran.

Pour le réveillon du 31 décembre, son homologue de l'Intérieur a annoncé que des contrôles seraient renforcés. "Plus de 100 000 policiers et gendarmes seront mobilisés", a précisé Gérald Darmanin.

Pas plus de six adultes à table

Le Premier ministre a rappelé la règle qu'il avait édictée il y a une semaine pour les repas et réunions privées : pas plus de 6 adultes à la fois. Jean Castex y a ajouté, jeudi soir, une autre recommandation : "Si vous deviez retrouver au cours des prochaines semaines, soit pour Noël, soit même un autre jour, une personne âgée ou vulnérable au coronavirus, limitez vos interactions au cours des 5 jours précédents, restez le plus possible chez vous."

"Nous savons que les fêtes de fin d’année, à Noël et pour le Nouvel An, constituent des moments particulièrement à risque. Le retour d’expérience de ce qui s’est passé aux Etats-Unis et au Canada pour les fêtes de Thanksgiving le démontre amplement puisque chaque fois, ces fêtes ont entraîné une accélération de l’épidémie. Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons pas baisser la garde", a exposé le Premier ministre.

Les déplacements autorisés partout en France

Jean Castex a confirmé que "la possibilité de se déplacer sur tout le territoire" serait de nouveau effective à partir du 15 décembre, malgré des "règles plus strictes" que prévu contre le Covid-19. L'ensemble des mesures annoncées "nous permettent de maintenir la possibilité de se déplacer sur tout le territoire à partir du 15 décembre", a déclaré le Premier ministre. "Elles ne nous autorisent pas en revanche à diminuer le recours au télétravail partout où il est possible", a-t-il ajouté.

La réouverture des lieux culturels reportée de trois semaines

Emmanuel Macron avait annoncé la réouverture des cinémas, des théâtres, des salles de spectacle et des musées dès le 15 décembre, si les conditions étaient réunies. Finalement, ils resteront fermés au moins trois semaines de plus. Les enceintes sportives, les cirques, les parcs zoologiques ou encore les salles de jeux et les casinos sont également concernés. "Les conditions posées pour leur réouverture ne sont hélas pas réunies", a justifié le Premier ministre.

Le secteur culturel, dont les salles sont fermées depuis fin octobre et qui pensait rallumer la lumière mardi, n'a plus qu'une seule certitude : aucune réouverture n'est à espérer avant le 7 janvier, date à laquelle le gouvernement a instauré une clause de revoyure pour l'ouverture des lieux culturels et des enceintes sportives. "Nous réexaminerons la possibilité" de rouvrir, "en fonction de la situation sanitaire à cette échéance" et de la façon dont se seront passées les fêtes, s'est borné à préciser le chef du gouvernement. Rouvrir les salles de spectacles et musées, c'était prendre le risque de voir empirer la situation sanitaire en janvier et de décaler "d'autant les perspectives d'un retour à la normale", selon Jean Castex.

"Cela signifie également que les règles posées récemment pour les lieux de culte ne seront pas revues à la hausse", a également précisé le Premier ministre. Depuis le 3 décembre, les cérémonies religieuses peuvent rassembler plus de 30 personnes, mais de nouvelles règles ont été fixées : deux sièges doivent rester libres entre chaque personne ou entité familiale et une rangée sur deux doit rester inoccupée dans les églises, temples, mosquées et synagogues du pays.

Des opérations de dépistage massif dans deux villes et deux agglomérations

A la demande de professionnels de santé, des campagnes de tests à grande échelle vont être mises en place dans plusieurs villes et agglomérations françaises pour prévenir une troisième vague épidémique. Le Premier ministre l’avait annoncé dès le 2 décembre, mais la liste et le nombre des villes choisies n’avaient pas été officialisées, même si certaines d’entre elles avaient été évoquées.

Le ministre de la Santé a précisé jeudi que ces opérations de dépistage massif allaient être organisées du 14 au 19 décembre au Havre (Seine-Maritime) et dans son agglomération, ainsi qu'à Charleville-Mézières (Ardennes) et dans son agglomération, puis du 11 au 16 janvier dans les villes de Roubaix (Nord) et de Saint-Etienne (Loire).

"Nous n'avons pas choisi ces collectivités, ce sont elles qui se sont choisies et nous ont contactés" car elles ont été "soumises à une très forte seconde vague", a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran.

Pas d’isolement obligatoire des malades

La piste d'un dispositif rendant l'isolement "obligatoire" pour les personnes testées positives au nouveau coronavirus a pour l’instant été écartée. "Les échanges que j'ai eus ces derniers jours sur ce sujet avec les représentants politiques et parlementaires (...) m'ont conduit à la conclusion qu'une telle évolution qui passerait au demeurant par une nouvelle loi, ne faisait pas consensus. Nous devons donc orienter nos pistes d'amélioration vers l'accompagnement renforcé des personnes malades", a déclaré Jean Castex.

"Une évolution juridique qui nous conduirait, comme d'autres pays autour de nous, à rendre cet isolement obligatoire et en prévoyant un système de sanction en cas de manquement" soulèverait "beaucoup de questions, non seulement éthiques mais aussi sanitaires, avec notamment la crainte que certains hésitent à se faire dépister de peur d'être soumis à une telle contrainte", a résumé le Premier ministre.

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