Auto-isolement des personnes âgées face au Covid-19 : le Conseil scientifique divisé, à l'image de la société

Le Conseil scientifique a émis plusieurs fois l'idée d'un auto-isolement des personnes les plus vulnérables, une façon d'éviter un reconfinement généralisé. Mais plusieurs de ses membres y sont opposés.

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Radio France
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Des personnes âgées dans un Ehpad à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 6 mai 2020. (JOEL SAGET / AFP)

Pour éviter un nouveau confinement, certains membres du Conseil scientifique émettent une nouvelle fois l'idée d'un auto-isolement des Français les plus âgés. Ils ont publié une tribune dans la revue médicale britannique de référence The Lancet. C'est l'anthropologue Laetitia Atlani Duault qui est l’auteure principale de cette tribune avec d'autres membres : les professeurs Franck Chauvin, Bruno Lina, Denis Malvy et le président de cette instance indépendante, le professeur Jean-François Delfraissy.

>> Covid-19 : où sont passés les avis du Conseil scientifique ?

Le texte explique que l'arrivée des variants pourrait nous obliger à vivre avec le Covid-19 encore pendant des mois, voire davantage. Alors d’ici la fin de la crise, pour éviter un reconfinement généralisé, souhaitable seulement en dernier recours, il faut conclure un "contrat social" entre les générations.

Selon eux, les plus jeunes continueraient d’accepter les gestes barrières, comme le port du masque et la distanciation physique, mais à condition que les plus âgés et les plus vulnérables acceptent aussi de s’auto-isoler. Ces membres du Conseil scientifique sous-entendent qu'on ne peut plus demander à toute la société de vivre sous cloche pour protéger ceux qui ont le plus de risque de mourir du Covid-19.

Un débat qui déchire la société française

Si seulement cinq membres du Conseil scientifique ont signé cette tribune, c’est parce que le Conseil scientifique lui-même est divisé sur la question, même s'il est plutôt sain que la quinzaine de chercheurs, médecins, représentants du monde associatif qui le composent ne soient pas toujours d'accord entre eux. Cela montre que sur ce sujet de l’auto-isolement des personnes vulnérables, il y a un débat qui déchire la société française.

D'ailleurs, même hors du Conseil scientifique, les médecins et les chercheurs sont divisés sur cette question. Certains disent que conclure ce contrat social, c’est inutile, car les personnes vulnérables s’auto-isolent déjà, depuis pratiquement un an. D'autres rappellent que l’isolement des plus vulnérables ne règlera pas tout. Les générations les plus jeunes souffrent aussi du Covid : les 40-70 ans représentent la moitié des hospitalisations.

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