Covid-19 : des membres du Conseil scientifique se disent favorables à l'auto-isolement des plus âgés pour éviter le confinement

"Il n'est plus possible d'utiliser une succession de confinements généralisés comme réponse principale à la pandémie de Covid-19", écrivent-ils dans la revue médicale "The Lancet Public Health".

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Des résidents dans un Ehpad, à Paris, le 28 janvier 2021.  (QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / AFP)

Pour lutter contre le Covid-19, ils plaident pour une "nouvelle approche". Dans un point de vue publié, jeudi 18 février, par la revue médicale The Lancet Public Health, des membres du Conseil scientifique jugent qu'il ne faut plus enchaîner les confinements pour combattre la pandémie, mais plutôt opter pour un "contrat social" entre générations : "Les plus jeunes générations accepteraient la contrainte de mesures de prévention [comme les masques ou la distanciation], à la condition que les groupes les plus âgés et les plus vulnérables adoptent non seulement ces mesures-là mais aussi d'autres, plus spécifiques [comme l'auto-isolement selon un critère de fragilité], afin de réduire leur risque d'infection", jugent-ils.

"Il n'est plus possible d'utiliser une succession de confinements généralisés comme réponse principale à la pandémie de Covid-19", écrivent le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, le président du Haut Conseil pour la santé publique, Franck Chauvin, l'anthropologue Laëtitia Atlani-Duault, le virologue Bruno Lina et l'infectiologue Denis Malvy

"Même si [le confinement] est attractif pour de nombreux scientifiques et considéré comme une mesure par défaut par les dirigeants politiques (...), son usage doit être réévalué afin qu'il ne soit plus mis en œuvre qu'en dernier recours", ajoutent-ils en mettant en garde contre "des approches basées sur la peur".

Olivier Véran sceptique

"Jusqu'à présent, les populations ont eu une attitude relativement coopérative, mais leurs doutes et leur méfiance sont visibles dans les mouvements de protestation observés dans plusieurs pays", relèvent-ils en pointant les conséquences "dévastatrices" du confinement, notamment du point de vue économique. 

"Les conséquences sociales et sanitaires [notamment pour la santé mentale] sont également colossales, en particulier pour les plus jeunes générations, bien qu'elles soient à faible risque" pour le Covid-19.

"La faisabilité d'une telle mesure est très discutable", a réagi jeudi soir Olivier Véran, interrogé sur cette proposition lors d'un point sur la situation sanitaire. "La solidarité qu'elle emporte entre les générations l'est tout autant et l'impact épidémique n'est pas assuré", a estimé le ministre de la Santé.

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