Aide financière de l'État aux discothèques: "Ça va éviter à beaucoup d'entre nous le dépôt de bilan", estime un gérant de boites de nuit normandes

Le ministère du Budget va verser, au maximum,15 000 euros mensuels pendant trois mois pour les charges des boites de nuit. Nicolas Lamotte, estime que sans aide durable, "la moitié des clubs en France vont disparaître". 

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Radio France
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Une discothèque en Pologne (Photo d'illustration). (JENS B?TTNER / ZB)

Les gérants de discothèques, dont l'activité n'a toujours pas repris, contrairement aux patrons de bars et de restaurants, vont bénéficier d'un coup de pouce de l'État pour le paiement de leurs charges. Le ministre délégué au Budget a annoncé, vendredi 24 juillet, que les loyers, factures d'eau et d'électricité et autres frais des boîtes de nuit seront pris en charge à hauteur de 15 000 euros par mois maximum, pendant trois mois. "Ça va éviter à beaucoup d'entre nous le dépôt de bilan", réagit samedi sur franceinfo Nicolas Lamotte, gérant de deux discothèques en Seine-Maritime. 

Une aide d'urgence, et après ?

"On est combatifs, parce que le combat est loin d'être fini. Aujourd'hui, on n'a aucune date de réouverture, a indiqué le commerçant. J'ai participé à la première réunion au ministère du Budget de la semaine dernière. On a vu une volonté de l'État de nous aider", avance-t-il. Concernant le montant de l'aide, Nicolas Lamotte estime que "c'est déjà une partie. Ca paiera nos loyers, mais il y a encore énormément de charges à payer."

Très sincèrement, on pense que plus de la moitié des clubs en France vont disparaître s'il n'y a pas d'accompagnement ou d'aide du gouvernement.

Nicolas Lamotte, gérant de deux discothèques en Seine-Maritime

à franceinfo

"C'est une aide d'urgence. Plus nos entreprises, plus les discothèques de France seront fermées, plus la dette grandira, et on aura du mal à remonter la pente, alerte le chef d'entreprise. Pour nous, le temps est vraiment compté. Cette aide va nous aider à tenir le coup, provisoirement, mais il ne faut pas non plus que ça dure encore six mois, un an", s'alarme-t-il.

"Un deux poids, deux mesures"

Les quelque 100 salariés de Nicolas Lamotte sont tous au chômage partiel : "C'est un outil très important pour nous, qui nous permet de garder nos salariés et de ne pas licencier, pour le moment. Bercy nous a indiqué que le chômage partiel serait avec nous jusqu'à au moins la fin de l'année. On espère d'ici là réouvrir", confie le gérant.

Nicolas Lamotte regrette, par ailleurs, un traitement différencié des établissements recevant du public : "Aujourd'hui, nous, exploitants de discothèques, nous ne pouvons pas ouvrir, que ce soit en extérieur, sur nos parkings, ou de quelque façon que ce soit.

Il y a des soirées privées dans des châteaux, dans des Airbnb, qui se font aux yeux de tous, les préfectures sont au courant mais rien ne se passe.

Nicolas Lamotte

à franceinfo

"Il y a deux poids, deux mesures, et on parle aujourd'hui de mesures sanitaires. Je ne comprends pas comment on peut tolérer ce genre de choses alors que visiblement, l'épidémie repart", s'insurge-t-il.

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