Belgique : ce que l'on sait des étudiants testés positifs au variant identifié en Inde, après être passés par l'aéroport de Roissy

Les vingt personnes infectées ont été placées en quarantaine à Alost et Louvain. Elles avaient atterri à Roissy le 12 avril et avaient gagné la Belgique en car.

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Un scientifique étudie les mutations du Covid-19 à Ingelheim (Allemagne), le 1er février 2021. (ANDREAS ARNOLD / DPA / AFP)

Ils sont arrivés d'Inde via l'aéroport parisien de Roissy. Plusieurs cas du variant repéré en Inde ont été détectés en Belgique au sein d'un groupe d'étudiants positifs au Covid-19, a annoncé jeudi 22 avril Pedro Facon, le commissaire du gouvernement belge chargé de la crise sanitaire. Ils ont été placés en quarantaine, ont précisé ses services. Quatre cas de ce variant avaient déjà été recensés dans le pays, selon la base de données GISAID (lien en anglais). Voici ce que l'on sait de ces étudiants.

Ils étaient venus suivre une formation en soins infirmiers

Au total, 20 étudiants indiens ont été testés positifs au nouveau variant. Le virologue Marc Van Ranst a expliqué que le groupe de 43 étudiants avait atterri à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, près de Paris, le 12 avril. Ils se rendaient en Belgique pour suivre une formation en soins infirmiers. Cinq jours plus tard, plusieurs étudiants sont tombés malades, avec des symptômes du virus. Les analyses menées dans le laboratoire de référence de l'université de Louvain ont permis de diagnostiquer la présence du variant B.1.617, qui suscite l'inquiétude. Il est notamment porteur de deux mutations préoccupantes au niveau de la protéine de pointe ("spike") du virus, dont l'une pourrait être capable d'entraîner une augmentation de la transmission.

Ils ont probablement été infectés pendant le trajet en car

Selon plusieurs experts, les étudiants malades auraient été victimes d'un "super contaminateur" lors du trajet qui les a amenés de la région parisienne en Belgique, explique le microbiologiste belge Emmanuel André sur Twitter. "Ils ont été emmenés en bus à Alost et Louvain. Il y avait probablement un super propagateur dans le bus, qui a glissé à travers les mailles du filet et infecté les autres. Cinq jours plus tard, le 17 avril, les premiers élèves sont tombés malades", complète Marc Van Ranst, cité par la RTBF

La RTBF précise que la "plupart des étudiants malades présentent des symptômes bénins" et ne sont pas à l'hôpital. "Nous savons qu'un certain nombre d'étudiants avaient déjà été vaccinés, en partie avec leur propre vaccin indien et en partie aussi – probablement – avec AstraZeneca. Mais cela doit encore être clarifié", ajoute Marc Van Ranst, cité par le quotidien Het Laatste Nieuws (en néerlandais).

Ils ont été testés deux fois lors du voyage

Les étudiants avaient dû subir un test PCR en Inde avant de prendre l'avion, puis de nouveau un test rapide à leur arrivée à Roissy, d'après les médias belges. Le bourgmestre d'Alost, le nationaliste flamand Christoph D'Haese, a jugé "inacceptable" qu'un porteur de ce variant ait pu entrer sur le territoire belge sans avoir été détecté et isolé au préalable. 

Ils ont été placés à l'isolement "strict"

Les étudiants ont été placés en quarantaine dans les villes flamandes d'Alost et Louvain. "Cette quarantaine est strictement appliquée", a commenté le bourgmestre d'Alost, où 11 étudiants infectés se trouvent. "En aucun cas les personnes impliquées ne sont autorisées à quitter leur domicile. Cette quarantaine sera activement surveillée par la police d'Alost", a-t-il dit, cité par le journal Het Nieuwsblad (en néerlandais). Du côté de Louvain, où neuf étudiants sont infectés, "les contrôles de police locaux et notre équipe de crise suit également de près la situation. Nous sommes aussi en contact avec l'Agence flamande des soins et de la santé", commente auprès du même journal le maire de Louvain, Mohamed Ridouani.

Les étudiants n'auraient infecté personne d'autre, selon le virologue Marc Van Ranst. "Bien sûr, ils ont eu des contacts avec le conducteur de cet autobus, mais il a été testé négatif. De plus, ils n'ont pas eu de contacts à risque élevé. Dès leur arrivée, ils ont été mis en quarantaine, comme prescrit", a-t-expliqué à la RTBF.

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