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Allocution présidentielle, travail des Français, effort des assurances... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Retailleau

Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat, était l'invité du "8.30 franceinfo", lundi 13 avril.

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Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat.
Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le président du groupe Les Républicains au Sénat était l'invité de franceinfo lundi 13 avril. De nombreuses questions ont été abordées, en cette période de confinement due à l'épidémie de coronavirus Covid-19.

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Bruno Retailleau s'est exprimé sur l'allocution du président de la République. Le chef de l'Etat devrait annoncer ce soir la prolongation du confinement, ce à quoi le sénateur LR répond qu'il doit être concret sur la stratégie du gouvernement. Il a aussi affirmé "pour se relever, la France devra fournir une quantité de travail sans doute supérieure". Par ailleurs, selon l'élu Les Républicains, le gouvernement doit trouver une autre façon de récompenser les personnes qui sont "en première ligne" face au virus. Il a aussi demandé aux assurances d'accentuer leur "effort de solidarité nationale" face à la pandémie, avant d'indiquer qu'il serait souhaitable de nationaliser Air France et d'autres grands groupes "temporairement" face à la crise.

Confinement : Emmanuel Macron doit "fixer un cap"

Le confinement sera prolongé, mais jusqu'à quand ? Quelle sera la stratégie de sortie ? A quelques heures de l'allocution présidentielle, Bruno Retailleau demande à Emmanuel Macron de dire "concrètement pendant combien de temps on en a encore" et "comment on peut espérer en sortir."

"Ce que j'attends, c'est qu'il fixe le cap, c'est-à-dire qu'il donne une perspective, mais aussi une méthode. Une perspective, parce qu'il va - on le sait, très bien, c'est un secret polichinelle - annoncer la prolongation du confinement", déclare Bruno Retailleau."Il faut qu'Emmanuel Macron dise concrètement pendant combien de temps on a encore pour le confinement. Mais aussi comment peut-on espérer en sortir, parce qu'il faudra en sortir. On n'aura pas un vaccin avant 18 mois, sans doute."

Les Français devront fournir "une quantité de travail supérieure"

"Pour se relever, la France devra fournir une quantité de travail sans doute supérieure", a estimé Bruno Retailleau, suite aux déclarations du président du Medef qui affirme qu'il faut dès maintenant poser la question de la reprise du travail, des jours fériés et des congés en vue du déconfinement. "On ne se tire des épreuves individuelles ou collectives que par un surcroît d'effort" et il faut un retour impératif de la croissance car "c'est la croissance qui paiera la dette".

L'élu Les Républicains s'inquiète aussi de la récession et de la crise dans laquelle entre la France car "les amoncellements de déficits, de dettes d'aujourd'hui qui sont nécessaires pour éviter que nos entreprises, nos emplois ne disparaissent définitivement, ce sont des impôts en plus pour demain", et car "l'argent public, c'est l'argent des Français".

Récompenser "ceux qui sont en première ligne"

Bruno Retailleau estime que la prime exceptionnelle annoncée par le gouvernement n'est pas suffisante. "Seules les entreprises en bonne santé peuvent se permettre de donner une prime exceptionnelle", critique-t-il en proposant de "récompenser celles et ceux qui sont en première ligne" différemment.

Il assure que son groupe proposera que "les heures supplémentaires soient totalement déchargées et totalement défiscalisées pour que ceux qui sont au travail aujourd'hui [pendant le confinement et l'épidémie de coronavirus], ceux et celles qui prennent des risques puissent être gratifiés."

Les assurances "doivent faire plus"

"Le secteur de l'assurance n'est pas du tout, du tout au niveau" de la crise économique provoquée par la pandémie de coronavirus, a estimé le président du groupe Les Républicains au Sénat, car "entre la dette et les faillites, il faut absolument conserver nos entreprises pour conserver nos emplois".

"Aujourd'hui, les assurances n'ont mis au pot que 200 millions d'euros sur le Fonds de solidarité. Elles doivent faire plus", réclame l'élu Les Républicains.

Il faut que les assureurs accentuent leur effort de solidarité nationale. C'est important. Ils peuvent le faire parce qu'il y a moins de sinistres par ailleurs.

Bruno Retailleau

à franceinfo

Bruno Retailleau hausse le ton et menace : "S'il n'y a pas un geste supplémentaire des assurances, alors il faudra sans doute aller au-delà avec des mesures coercitives."

Par ailleurs, le groupe Les Républicains au Sénat travaille "d'arrache-pied depuis des semaines" pour écrire une proposition de loi qui sera déposée "dans quelques jours" afin de permettre de rendre possible à l'avenir "une assurance pour les entreprises en perte d'exploitation quand il y a des risques sanitaires". Actuellement, les entreprises ne peuvent pas être assurées contre ce genre de risques.

Nationaliser Air France ou d'autres grands groupes "à condition que ce soit temporaire"

"Bien sûr" qu'il faut nationaliser certains grands groupes, comme Air France ou Renault, s'ils sont menacés de faillite par cette crise sanitaire et économique, a estimé le président du groupe Les Républicains au Sénat. Mais il ajoute que cela doit se faire uniquement "à condition que ce soit vraiment temporaire, provisoire, pour permettre à l'entreprise ensuite de se relever".

L'élu Les Républicains rappelle qu'en 2009 "les Américains avaient nationalisé temporairement, provisoirement, General Motors", et que le résultat avait été positif. "C'était incroyable. Jamais on n'aurait pu concevoir une chose pareille dans le pays du libéralisme", a-t-il souligné.

Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat.
Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)