Paris : des CRS ont reçu des projectiles contenant un produit chimique lacrymogène lors de la manifestation des soignants du 16 juin

Il s'agit "très probablement" de tétrachlorure de titane, selon le laboratoire central de la préfecture de police de Paris.

Des policiers font face aux manifestants sur l\'esplanade des Invalides, lors de la manifestation des personnels soignants du 16 juin 2020 (illustration).
Des policiers font face aux manifestants sur l'esplanade des Invalides, lors de la manifestation des personnels soignants du 16 juin 2020 (illustration). (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Des CRS ont reçu des projectiles contenant "très probablement" du tétrachlorure de titane, un produit chimique lacrymogène utilisé par le passé par les forces de l’ordre, lors des affrontements qui ont éclaté en marge de la manifestation des soignants à Paris le 16 juin dernier selon une note d’information du laboratoire central de la préfecture de police de Paris que franceinfo a pu consulter mercredi 24 juin. Des analyses complémentaires vont être menées pour s’en assurer.

Le 16 juin dernier, les policiers avaient reçu un "objet de forme sphérique et de couleur sombre", qui a libéré en se brisant au sol "un nuage de fumée de couleur blanche et une pluie fine de ‘peinture' avec une forte odeur de produit chimique". Les effectifs de la CRS 52 et de la CRS 23 ont alors été "rapidement irrités au niveau de la peau, du visage et des yeux. Le système respiratoire a été impacté et de vives sensations de brûlures ont été ressenties, accompagnées de nausées", peut-on lire dans cette note d’information.

Des résidus vont être prélevés sur un bouclier pour confirmation

Des éléments qui correspondent parfaitement aux effets de l’utilisation d’une ampoule en verre contenant du tétrachlorure de titane (TiCI4), selon le laboratoire central de la préfecture de police, qui précise que "ce type d'ampoule, associé à des ampoules de bromo éthyle acétate, était utilisé par les unités de maintien de l’ordre avant la généralisation de l'utilisation des produits lacrymogènes".

"Lors de l’utilisation, l'ampoule de TiCl4 se brise, le liquide se répand et se transforme immédiatement au contact de l'air en du dioxyde de titane (TiO2), qui est une poudre blanche, et en un nuage de gouttelettes d'acide chlorhydrique (HCl)", précise le laboratoire dans sa note d’information. 

Des engins que la police n’utilise plus depuis un bon moment, mais qu’on peut encore retrouver dans des déchetteries ou dans des caves. Pour tenter de confirmer la nature du produit utilisé, le laboratoire central de la préfecture de police indique qu’il va analyser un prélèvement de résidus sur un bouclier de CRS, pour vérifier qu’il s’agit bien de TiCI4.

19 policiers ont été blessés le 16 juin

La "journée d'action" du 16 juin avait réuni plusieurs dizaines de milliers de manifestants, en majorité des infirmières, un peu partout en France (180 000 personnes selon le Collectif inter-hôpitaux), dont 18 000 sur l'esplanade des Invalides à Paris, selon la préfecture de police.

À la fin de la manifestation parisienne, la préfecture de police avait fait état de 32 interpellations liées aux échauffourées et de 19 blessés dans les rangs des forces de l'ordre. Parmi les personnes interpellées figurait notamment une infirmière, arrêtée après avoir jeté des projectiles sur les forces de l'ordre. Plusieurs vidéos de sa rude interpellation avaient créé une polémique en plein débat sur les violences policières.