Guerre en Ukraine : comment les pays baltes ont gagné en influence au sein de l'Union européenne

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En ce mois de juillet, franceinfo s’intéresse à la nouvelle donne diplomatique née de l'invasion russe.  Aujourd’hui, coup de projecteur sur la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie qui ont réussi à faire entendre un peu plus leur voix en Europe.

Article rédigé par
Justine Leblond - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Kaja Kallas, la Première ministre estonienne à Madrid (Espagne), le 29 juin 2022. (JAVIER SORIANO / AFP)

En 2004, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie font partie des pays qui intègrent l’Union européenne. Mais pendant 18 ans, ils ont du mal à se sentir légitimes. Petits États, ils n'arrivent pas vraiment à se faire entendre et encore moins sur le sujet de la Russie.

En fait, c'est surtout depuis le 24 février dernier et le début de l’invasion russe en Ukraine que les pays Baltes trouvent réellement leur place dans le dialogue européen, selon Céline Bayou, chargée de cours à l’Inalco et chercheuse spécialisée sur les pays baltes : "Maintenant ils sont véritablement écoutés, ils sont désormais vraiment pris au sérieux alors que peut être certains précédemment avaient tendance à dire qu’il y avait une russophobie qui peut-être s’explique par un traumatisme historique parce qu'eux-mêmes ont été occupés par l'Union soviétique après 1945."

"Là on les prend vraiment comme étant des pays qui d’abord ne se sont pas trompé, avaient vu juste dans leur appréciation des évolutions de la Russie et ça réhausse leur rang sur la scène européenne."

Céline Bayou, chercheuse spécialiste des pays baltes

à franceinfo

Ce nouvel espace politique, chaque État l’occupe à sa manière. L'Estonie par exemple choisit la scène médiatique. Du moins sa Première ministre, Kaja Kallas, devenue officieusement la porte-parole des pays baltes. Elle est très présente sur les plateaux télévisées. Le 9 mars, devant le Parlement européen, elle appelle à plus de soutien et de solidarité envers l'Ukraine et ce en racontant son propre parcours : "La générosité des inconnus je la connais un peu. Comme beaucoup d'entre vous le savent, je suis une fille de déportés envoyés par Staline en Sibérie. Ma mère n'avait que six mois quand elle a été déportée".

Un risque économique et sécuritaire

La Lituanie, de son côté, ne lésine pas sur les sanctions envers la Russie. "La Lituanie est le premier pays à avoir déclaré qu’elle n’achète plus du tout d’électricité, de pétrole ou de gaz en provenance de la Russie, explique Céline Bayou. L’UE dans son ensemble n’en est pas là, et ça lui coûte très très cher parce qu'elle en est fortement dépendante, on l’imagine bien énergétiquement de la Russie vu sa position géographique et vu qu'il n'y a pas de ressources naturelles énergétiques sur son territoire." 

Les pays baltes prennent aussi un risque sécuritaire. Après cette décision de Vilnius, Moscou a déjà donné le ton en évoquant de "sérieuses" représailles contre la Lituanie. 

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