Avec la visite de Giorgia Meloni à Alger, l’Italie conforte son partenariat avec l’Algérie

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Alors que les relations restent compliquées entre Paris et Alger, l’Italie est en train de devenir le premier partenaire européen de l’Algérie. Comme le traduit ce déplacement de la nouvelle cheffe du gouvernement italien.

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Radio France
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La Première ministre italienne Giorgia Meloni et le président algérien Abdelmadjid Tebboune se serrent la main lors de leur rencontre au palais présidentiel d'Alger, le 23 janvier 2023. (HANDOUT / PALAZZO CHIGI PRESS OFFICE)

Le premier moteur de cette relation, c’est évidemment le gaz. L’Algérie est le premier exportateur africain, le 7e au monde. Ses réserves sont considérables, plusieurs milliers de milliards de mètres cubes. Et tous les Européens font désormais les yeux doux à l’Algérie puisqu’ils veulent couper les ponts avec la Russie. Avant la guerre en Ukraine, 40% du gaz importé en Italie provenait de Russie, 11% provenait d’Algérie. En un an les lignes ont bougé. L'Algérie, non contente d’être le premier fournisseur de pétrole de l’Italie, a augmenté de 20% ses livraisons de gaz : 25 milliards de mètres cubes livrés cette année, 30 milliards l’an prochain. Plusieurs contrats pourraient être signés avec le géant italien de l’énergie, Eni, dont le patron accompagne Giorgia Meloni, lors de ce voyage de 48 heures. Eni cogère déjà avec l’entreprise algérienne Sonatrach le gazoduc Transmed qui relie l’Algérie à l’Italie via la Tunisie. L’intention de Rome, c’est d’être aussi un pays de transit de ce gaz algérien vers les autres pays européens, la Slovénie, la Hongrie. La Slovénie vient d’ailleurs elle aussi de signer un contrat pour trois ans avec la Sonatrach.  

Convoitises sur le gaz algérien

Et il n’y a pas que le gaz : Rome veut devenir le premier partenaire européen de l’Algérie et donc aussi une sorte de sas commercial entre l’Europe et l’Afrique.  Le patron de la Confindustria, l’équivalent italien du Medef, fait également partie du voyage. Un forum des affaires organisé à cette occasion réunit 5000 opérateurs des deux pays. L’idée, c’est de multiplier les partenariats : dans l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique, le tourisme, l’automobile : Fiat promet l’implantation d’une usine en Algérie. Et aussi les énergies renouvelables. Parmi les projets : un éventuel hydrogénoduc pour transporter de l’hydrogène vert via la Sardaigne. Potentiellement donc un concurrent du projet franco-espagnol H2Med entre Barcelone et Marseille.  

Le faible impact de la question migratoire

Il faut dire que les relations politiques sont plus simples qu’entre l’Algérie et la France. Le poids de l’Histoire n’est pas le même. Et les dirigeants italiens le savent. Sur ce sujet, la nouvelle dirigeante italienne d’extrême droite suit la même logique que son prédécesseur centriste. Mario Draghi était allé deux fois en Algérie l’an dernier. Giorgia Meloni continue sur le même chemin. Elle a déjà vu le président Tebboune en marge de la COP 27 en Égypte à l’automne dernier. Elle remet donc le couvert avec ce déplacement. En arrivant à Alger, elle a pris soin d’aller déposer une gerbe au Monument des Martyrs de la lutte pour l’indépendance contre l’ancien colon français. Et puis l’autoritarisme du régime du président Tebboune n’est sans doute pas pour déplaire à la cheffe du gouvernement italien. Seul sujet de conflit potentiel, l’immigration. Mais il est d’une ampleur limitée, puisque les candidats algériens à l’exil se dirigent plus volontiers vers l’Espagne et la France que vers l’Italie. Bref tout ou presque concourt à faire avancer ce partenariat Rome – Alger.    

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