Scandales à répétition au Royaume-Uni : Boris Johnson dans la tourmente

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Les Britanniques sont de plus nombreux à réclamer sa démission : en cette fin d'année 2021, le Premier ministre Boris Johnson est en très mauvaise posture.

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Radio France
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Le Premier ministre britannique Boris Johnson durant un discours sur le Covid-19, à Londres, le 12 décembre 2021. (KIRSTY O'CONNOR / AFP)

Il y a deux ans jour pour jour, le 12 décembre 2020, c'est un Boris Johnson triomphant qui était réélu député et gardait sa place à Downing Street. Son parti emportait même la majorité absolue, la plus importante depuis 1987. Le 12 décembre 2021, c’est la dégringolade. La popularité du Premier ministre britannique n'a jamais été aussi basse : 57% des Britanniques se disent favorables à sa démission. Dans les sondages, l’opposition travailliste devance les conservateurs et, dans les couloirs de Westminster, les critiques fusent. Même dans son propre camp, les députés jouent à deviner qui pourrait bien lui succéder.

Cette chute relativement rapide s'explique par une succession de scandales liés à la pandémie de Covid-19, à un rythme qui s'accélère. La semaine dernière, les Britanniques ont ainsi découvert avec stupeur qu’une fête avait été organisée à Downing Street le 18 décembre 2020, au moment où eux-mêmes devaient se plier à des restrictions sanitaires très strictes. Allegra Stratton, sa désinvolte porte-parole, a fini par démissionner. Et Boris Johnson, "l’homme Teflon", sur qui les polémiques glissaient jusqu'ici sans dommages, a dû présenter des excuses. Il a même promis une enquête interne.

Un quizz de Noël avec guirlande

D'autres affaires ont suivi. Dimanche 12 décembre, le Sunday Times a publié une photo de lui, le 15 décembre 2020. On y voit le Premier ministre jouer à un quizz de Noël avec deux collaborateurs : l'un porte une guirlande autour du cou, l'autre un bonnet de Noël. D’après le journal, il y avait une vingtaine de personnes dans le bureau et certaines étaient allées acheter de l’alcool au supermarché du coin.  

"Le gouvernement nous prend pour des imbéciles", dit le chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer, qui dénonce "une culture du mépris des règles". Nous avons, dit-il, "le pire leader possible au pire moment possible".

Soupçons de corruption et traces de cocaïne

Il y a d’autres scandales qui n’ont rien à voir avec le Covid-19, comme la rénovation de son appartement pour lequel le Parti conservateur vient d’être condamné à une amende de 21 millions d’euros par la commission électorale. Boris Johnson avait "oublié" de déclarer qu’un généreux donateur avait avancé le montant des travaux. Le Premier ministre britannique a aussi été visé par des soupçons de corruption, quand il a voulu protéger Owen Paterson, un de ses amis députés, qui allait être sanctionnné pour avoir empoché des revenus de lobbying un peu trop conséquents.

Sans oublier les traces de cocaïne retrouvées dans 11 des 12 toilettes de Westminster, qui abrite le Parlement britannique, à Londres, notamment celles qui se trouvent à quelques pas du bureau de Boris Johnson. L’affaire a eu un tel retentissement que plusieurs pistes sont à l’étude pour lutter contre la présence de drogue au Parlement. On estimque qu'environ 19 000 personnes disposent à ce jour d’un pass qui leur permet d’éviter les fouilles systématiques à l’entrée de Westminster

Une semaine à hauts risques

La semaine du 13 décembre ne va pas arranger les choses. Jeudi, dans les Midlands, il y a une élection partielle : une circonscription tenue depuis 40 ans par les tories risque de basculer. Ce sera un test "grandeur nature" de l’impact des affaires.

Mais le vrai danger pour Boris Johnson vient de son propre camp. Mardi, plusieurs dizaines de députés conservateurs devraient voter contre ses nouvelles mesures pour lutter contre le Covid-19. Même si les prochaines élections générales n’ont pas lieu avant deux ans, l'histoire récente montre que les tories sont capables de changer très vite de cheval quand le leur n'est plus en état de gagner la course. 

Il suffit en effet que 15% des députés tories, soit 54 élus, envoient des lettres de défiance pour déclencher un vote de confiance. Theresa May l'a expérimenté en 2019. BoJo a vraiment du souci à se faire.

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