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En Chine, le pouvoir presque absolu de l’empereur Xi Jingping

La planète tourne, et nous posons le doigt à Pékin, où ont lieu les commémorations gigantesques des 70 ans de la Chine communiste. 

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Le président de la République de Chine, Xi Jingping, à Pékin, le 11 septembre 2019.
Le président de la République de Chine, Xi Jingping, à Pékin, le 11 septembre 2019. (MARK SCHIEFELBEIN / POOL)

C’est l’histoire d’un petit garçon élevé au coeur du pouvoir. Son père est un proche de Mao. Puis le petit garçon voit son père arrêté, disgracié, et déporté. Il se jure que plus tard, quand il sera grand, il sera du côté du pouvoir. À 66 ans, l’homme qui préside aux cérémonies aujourd’hui a plus que réussi : il est quasiment empereur. Xi Jingping, c’est de lui que je vous parle, est l’un des hommes les plus puissants du monde.  Alors que le père est finalement réhabilité, le fils gravit prudemment mais efficacement tous les échelons du pouvoir : il devient N°1 du Parti en 2012, et dans la foulée président de la République. Se produisent alors deux événements qui transforment le cours de son ascension : en 2017, sa "pensée" est inscrite dans la charte du Parti, à côté de celle de Mao. Un an plus tard, il fait modifier la Constitution afin de pouvoir être réélu à vie. Xi Jingping a plus que réussi, il  est désormais maître d’un milliard 400 millions d’habitants.  

Il y a deux Xi Jingping, l’un à l’extérieur, l’autre en Chine

À l’extérieur de la Chine, "l’empereur" Xi vante le capitalisme : l’expansion de la Chine est redoutable. Les ports, les routes, les terres,  l’Afrique, l’Europe, l’Amérique du Sud : plus rien n’arrête les capitaux chinois. Il est reçu par tous les chefs d’État du monde avec déférence. À l’intérieur, le socialisme est toujours en vigueur, les industries appartiennent à l’État, et la croissance patine. C’est sous son règne qu’est mis en place le système de surveillance et de punition le plus élaboré au monde, basé sur la reconnaissance faciale et la surveillance à l’extrême de toute l’activité sur les réseaux. Jeune adulte, il a passé sept années à travailler dans les champs, pour restaurer le crédit de sa famille. Il en garde une dureté inouïe, et une habitude de la souffrance, qu’il n’hésite plus à faire subir aux autres.  

Xi Jinping écrase d’une main de fer toute contestation

Les rares critiques de sa politique sont timides. Les minorités comme les Ouighours, musulmans, sont opprimés ou déplacés. Les arrestations à Hong Kong se multiplient. Le président le dit : en 2049, pour le centième anniversaire de la Révolution, la Chine doit être la première puissance mondiale. De gré ou de force.  

Le président de la République de Chine, Xi Jingping, à Pékin, le 11 septembre 2019.
Le président de la République de Chine, Xi Jingping, à Pékin, le 11 septembre 2019. (MARK SCHIEFELBEIN / POOL)