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Nouveau monde. Faut-il craindre la reconnaissance faciale ?

Les caméras couplées à des systèmes capables d’identifier les visages se multiplient. L’intelligence artificielle a fait des progrès considérables. Mais cette technologie soulève des inquiétudes.

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Des dispositifs de contrôles par reconnaissance faciale ont été installés en juin 2018 dans les aéroports d\'Orly et Roissy.
Des dispositifs de contrôles par reconnaissance faciale ont été installés en juin 2018 dans les aéroports d'Orly et Roissy. (EMILIE DEFAY / RADIO FRANCE)

Les dernières intelligences artificielles de reconnaissance faciale permettent d’atteindre aujourd’hui jusqu’à 98% de réussite. C’est une technologie de plus en plus mature, qui permet d'identifier des personnes et aussi d'analyser des visages.

Une technologie en plein boom

Par exemple, au Japon, les taxis vont proposer aux clients des publicités vidéo ciblées d’après la reconnaissance de leur âge et de leur sexe. En Chine, la reconnaissance faciale est utilisée pour détecter les automobilistes ivres, grâce à l’interprétation des expressions de visage. La Chine est en train de devenir un immense laboratoire dans ce domaine. Couplée à des fichiers de personnes, la reconnaissance faciale sera bientôt également utilisée pour payer dans le métro (Shenzen) ou au supermarché (Carrefour).

Une technologie  qui suscite des oppositions

Cependant, les craintes à l’égard de cette technologie sont nombreuses. San Francisco, pourtant capitale mondiale des technologies, vient d’interdire son utilisation par la police dans les rues de la ville. Une première aux États-Unis.
La défiance monte même en interne dans les compagnies de technologie. Récemment, des employés d’Amazon (entreprise très en avance dans ce domaine) ont tenté, sans succès, de s’opposer à la vente de technologies de reconnaissance faciale à la police.

Pourquoi craindre la reconnaissance faciale ?

Premier motif de crainte : les risques d’erreur. Par exemple, certaines IA reconnaissent bien les personnes blanches mais font beaucoup de confusions lorsqu’il s’agit de visages de personnes noires car elles sont moins bien entraînées à les identifier. Deuxième motif de crainte : les risques d’exploitation abusive. En Chine, par exemple, on soupçonne les autorités de s’en servir pour surveiller la minorité musulmane ouïghoure. Il y a aussi des pratiques assez particulières que l’on n’est sans doute pas prêts à accepter en Occident. Par exemple, dans quelques villes chinoises, les piétons qui traversent alors que le feu est rouge pour eux voient immédiatement leurs visage, nom et adresse s’afficher sur des écrans géants. Inutile de dire que c’est cependant très efficace et le nombre d’incivilités aurait considérablement diminué.

Encadrer la reconnaissance faciale

Il serait absurde vouloir renoncer à cette technologie qui présente, par ailleurs, de nombreux avantages. La reconnaissance faciale permet de déverrouiller rapidement un smartphone, d’accélérer les contrôles d’identité dans les aéroports ou même, dans certains cas, pour la sécurité et la lutte anti-terroriste. Cependant, il paraît indispensable de règlementer et d’encadrer très sévèrement l’usage de cette technologie. C’est déjà le cas en France où la CNIL veille au grain. Dans l’hexagone, la reconnaissance faciale est interdite dans les lieux publics sauf exceptions. Sinon, on peut toujours tenter d’utiliser l’un de ces maquillages de visage à base de larges bandes noires censés empêcher la reconnaissance faciale de reconnaître un visage…

Des dispositifs de contrôles par reconnaissance faciale ont été installés en juin 2018 dans les aéroports d\'Orly et Roissy.
Des dispositifs de contrôles par reconnaissance faciale ont été installés en juin 2018 dans les aéroports d'Orly et Roissy. (EMILIE DEFAY / RADIO FRANCE)