Australie : la Grande Barrière de corail, bientôt classée "site en péril" par l'Unesco ?

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En Australie, la Grande Barrière de corail sera-t-elle bientôt classée "site en péril" ? Le pays n'y tient pas mais c'est ce que souhaitent des experts de l'Unesco.

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Radio France
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L'état actuel du corail sur la Grande Barrière de corail, au large de l'État australien du Queensland. (GLENN NICHOLLS / AFP)

C'est l’une des merveilles du patrimoine écologique mondial, un écosystème unique qui abrite un quart de la biodiversité marine de la planète et se déploie sur plus de 2 000 kilomètres dans les eaux turquoises du nord-est de l'Australie.

Mais le récif corallien est en danger de mort : chaque année de moins en moins fourni, chaque année de moins en moins coloré. Plus de 90% des coraux ont subi un blanchissement plus ou moins important. La faute au Pacifique qui monte en température : quand l'eau est trop chaude trop longtemps, elle expulse les micro-algues qui donnent aux coraux leurs couleurs vives. La faute, aussi, à la pollution des nitrates et des phosphates générés par l'élevage et les plantations de canne à sucre.

Une dégradation à vitesse grand V

Selon les deux experts de l'Unesco et de l'Union internationale pour la conservation de la nature, qui se sont rendus sur place au printemps, et qui viennent de publier leur rapport, la dégradation du site se poursuit à vitesse grand V. Si rien ne change, ils ne voient pas en effet comment éviter l'inscription sur la liste des sites en danger. L'an dernier déjà l'Unesco l'avait proposé. Mais, à l'époque, le gouvernement conservateur et climato-sceptique de Scott Morrison s'était lancé dans un lobbying forcené pour l'en empêcher.

Le récif a un poids économique et touristique considérable : il pèse six milliards d’euros par an, environ 60 000 emplois. Morrison avait réussi à gagner du temps en obtenant cette mission d'experts qui vient donc sans surprise de recommander la même chose. La prochaine réunion est prévue à la mi-2023.

Le gouvernement travailliste, meilleur protecteur ?

Sauf que depuis, le gouvernement a changé. En mai, ce sont les travaillistes qui ont gagné les législatives avec la lutte contre le dérèglement climatique inscrite tout en haut de leur programme.
Le nouveau premier ministre, Anthony Albanese, a notamment fait adopter en septembre une loi sur la réduction des gaz à effet de serre : - 43% d'ici 2030 (par rapport aux niveaux de 2005). Il inscrit aussi dans le marbre l'objectif zéro émission pour 2050.

Mais derrière la déclaration d'intention, la réalité est moins réjouissante. Car la croissance économique australienne dépend toujours de l'extraction et de l'exportation du gaz et du charbon, deux énergies fossiles polluantes.

Certes, l’approche a changé mais l'Australie reste l'un des plus gros pollueurs de la planète. Elle devra faire des efforts considérables pour se transformer comme elle le souhaite en "superpuissance des énergies renouvelables" et sauver sa Grande Barrière de corail. Car les travaillistes ont encore moins envie que les conservateurs de la voir classée site en péril. Ca ferait mauvais effet alors que le pays s'est porté candidat pour accueillir la COP, la conférence sur le climat en 2026.

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