Australie : un nouveau Premier ministre plus vert que le précédent

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Le vent du changement souffle sur l'Australie. Dans ce pays champion des énergies fossiles, le nouveau Premier ministre veut inverser la tendance et davantage parler "environnement".

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Anthony Albanese, Premier ministre australien. (WENDELL TEODORO / AFP)

Sa promesse, il l'a mise en pratique moins de deux jours après la victoire des travaillistes aux législatives, et quelques heures à peine après sa prestation de serment. Dès lundi 23 mai, Anthony Albanese, "Albo" pour les intimes, s'est envolé pour Tokyo où il participe aujourd'hui à un sommet informel destiné à contrer l'influence de la Chine dans la région. Alors qu'il était jusqu'ici un parfait inconnu sur la scène internationale.

Il y a rencontré en tête-à-tête ses homologues indien et japonais mais aussi le président américain Joe Biden. Ce premier voyage international est "un bon moyen d'envoyer au monde le message qu'il y a un nouveau gouvernement en Australie" dit-il "Un gouvernement qui représente un changement dans la façon dont nous traiterons avec le monde sur des questions comme le changement climatique". Un déplacement de quatre heures avant de rentrer chez lui avec l'intention de se mettre au travail illico.

Une superpuissance des énergies renouvelables

Concrètement, Anthony Albanese le travailliste promet plus d'ambition en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre : il veut les réduire de 43% d'ici 2030 par rapport à 2005, alors que son prédécesseur plafonnait à 28%. Le pays est par habitant l'un des pays les plus pollueurs de la planète. Dans son discours de victoire il a aussi promis aussi de transformer l'Australie en"superpuissance" des énergies renouvelables. Albo représente l’aile gauche de son parti, une formation politique qui s’est fortement décalée vers le centre, voire vers la droite. Ces dernières années, les travaillistes ont voté avec les conservateurs pour attribuer de milliards de dollars de subventions au secteur des énergies fossiles.

Les Verts aimeraient d'ailleurs qu'il aille encore plus loin ; ils lui reprochent de ne jamais s'être explicitement prononcé pour la fin du charbon, qui reste un des moteurs de l'économie et compte encore beaucoup de partisans parmi les travaillistes. Il n'a jamais dit non plus s'il comptait interdire l’ouverture de nouvelles mines. Sur le versant social il a promis d’augmenter le salaire minimum, de simplifier l’accès au système d’assurance-maladie ou de renforcer la participation des aborigènes en politique.

La sanction de l'inaction climatique

Son arrivée au pouvoir est d'abord un rejet du gouvernement précédent. Les électeurs australiens ont clairement sanctionné les conservateurs aux commandes depuis neuf ans. Ils ont surtout sanctionnné leur inaction climatique, alors que le pays a connu pendant leur mandat des catastrophes naturelles sans précédent. De longues périodes de sécheresse, des inondations dévastatrices... des incendies gigantesques (les forêts qui ont brûlé représentent une superficie équivalente à celle de la Finlande).

Or pendant son mandat, l'ancien Premier ministre Scott Morrison, l'un des porte-voix du climato-scepticisme, a soutenu sans réserve l'industrie du charbon.
Le vote protestataire s'est donc dirigé vers un grand nombre de petits candidats pro-environnement, une vingtaine au total, qui ont même remporté des circonscriptions réputées être des fiefs de la coalition libérale et qui détiennent aujourd'hui les clés du pouvoir.

Des discours aux actes

Le pays a-t-il vraiment les moyens de ses ambitions ? L'Australie est le deuxième exportateur mondial de charbon, les mines emploient encore environ 300 000 personnes. Evidemment elle ne transformera pas son modèle économique du jour au lendemain.

Mais le changement est déjà dans les mots et c'est un progrès. D'ailleurs au premier rang des dirigeants étrangers qui ont salué avec enthousiasme l'élection du nouveau premier ministre il y a les îles du Pacifique, commes les Fidji, menacées par la montée des eaux. Des attentes qu'il s'agit de ne pas décevoir. S'il veut durablement réparer l'image de son pays Anthony Albanese devra passer des discours aux actes.

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