Après la Suède, l'Italie ? La montée de l'extrême-droite en Europe

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Après la victoire sans précédent d'une alliance de la droite et de l'extrême-droite en Suède, les regards se tournent vers l'Italie, où le même scénario pourrait se produire lors des législatives du 25 septembre.

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Giorgia Meloni, la leader du parti Fratelli d'Italia, mouvement d'extrême droite. (PIERO CRUCIATTI / AFP)

La victoire des mal-nommés "Démocrates suédois" galvanise leurs cousins italiens. Matteo Salvini s'amuse sur Twitter : "Même dans la belle et démocratique Suède, les gauches sont défaites, renvoyées à la maison". Maintenant "c'est notre tour, le 25 (septembre) nous allons gagner !"

Le patron de la Ligue, parti anti-immigration, appartient à une alliance des droites qui rassemble la petite formation "Forza Italia" de Silvio Berlusconi (toujours là) et surtout les "Fratelli d'Italia" un parti post-fasciste créé en 2012 par une femme de 45 ans, Giorgia Meloni. Leur trio survole littéralement les sondages. À la différence de la Suède, l'extrême-droite en Italie n'est pas simplement une alliée de la droite classique, c'est elle qui mène la danse. Giorgia Meloni a toutes les chances, dans dix jours, de prendre la tête de la troisième économie de la zone euro.

Un parti à l'ADN fasciste

Giorgia Meloni veut s'attaquer à l'immigration, pour empêcher ce qu'elle qualifie de "remplacement ethnique". Elle a aussi dans son viseur les "lobby" LGBT. Elle veut relancer la natalité, promouvoir "l'identité judéo-chrétienne de l'Europe" (sa devise est "Dieu, patrie, famille"), faire baisser les impôts et assouplir quelques règles européennes. Quelque part entre Donald Trump, Eric Zemmour et Viktor Orban.

Frères d’Italie est clairement un parti d’extrême droite ; si on parle de post-fasciste c'est parce qu'il est l'héritier du MSI (Mouvement social italien) fondé en 1946 par des partisans de Benito Mussolini. Frères d’Italie a d'ailleurs gardé son logo, une flamme tricolore vert-blanc-rouge (le Front national en France avait la même). Giorgia Meloni trouve que Mussolini a "accompli beaucoup de bonnes choses".

Mais rien n'y fait. Elle n'effraie même pas les milieux économiques, persuadés qu'elle agira dans la continuité.

L'extrême-droite se banalise

La Suède et l'Italie montrent que l'extrême-droite se banalise en Europe, qu'il y a une porosité des valeurs avec la droite républicaine. C'est une évolution structurelle globale. Et même si sa présence dans un gouvernement reste exceptionnelle (on l'a vu en Autriche deux fois depuis 20 ans, en Italie avec la Ligue, la Finlande), ces dernières années les conservateurs l'ont normalisée en adoptant ses programmes en matière d'immigration ou de sécurité. En intégrant ses partis et ses représentants dans le jeu politique. On peut aussi citer les gouvernements nationalistes de droite conservatrice de Pologne et de Hongrie.

Le sentiment de déclassement et d’insécurité économique des Européens, amplifié par la crise énergétique, risquent de la conforter encore un peu plus dans les urnes : d’autres élections s’annoncent disputées dans les prochaines semaines et les prochains mois, en Slovénie, République tchèque, Finlande ou Danemark.

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