Pouvoir d'achat : vers un chèque carburant distribué par les entreprises ?

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Le gouvernement travaille sur la loi "pouvoir d’achat". Et dedans, il pourrait y avoir un chèque carburant distribué par les entreprises. De quoi ressort-il? Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Des automobilistes font le plein de carburants dans une station service à Grenoble (Isère). (AURELIEN ACCART / RADIO FRANCE)

Un chèque carburant, c’est une proposition que le Medef a présentée à Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, lundi 23 mai, quand l’organisation patronale a été reçue. L’idée est de redonner du pouvoir d’achat aux salariés qui roulent beaucoup. Un peu dans le même esprit que la prime Macron, sans charge, ni impôt. Ici, ce serait donc les entreprises – et non l’État – qui distribueraient ce chèque, bien que ce dernier y participe indirectement, puisqu’il serait sans cotisations sociales et défiscalisé.

Aucune précision quant au montant du chèque carburant pour l’instant : ce n’est qu’une piste, mais le Medef parle de 200 euros à 300 euros par an. La mesure serait temporaire, ciblée sur les actifs obligés de prendre leur voiture pour travailler. Les patrons participeraient aux frais, un peu comme ils le font pour ceux qui viennent en transports en communs, en payant une partie du pass Navigo en Île-de-France, ou des TCL à Lyon.

Contexte de pénurie de main-d'oeuvre

Si les patrons cherchent à aider leurs équipes très dépendantes de la voiture, c’est parce qu’ils enregistrent de plus en plus de défections. Certains salariés refusent des emplois, d’autres quittent même des postes car se rendre tous les jours en voiture sur leur lieu de travail leur revient trop cher. Dans la restauration, l’agroalimentaire, le tourisme, mais aussi le commerce, c’est devenu un vrai sujet dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

Ce chèque ne serait pas obligatoire : les entreprises le verseraient si elles le veulent, et, surtout, si elles le peuvent. En fait, cette idée n’est pas tout à fait nouvelle : en janvier dernier, le patronat avait déjà plaidé pour ce type de coup de pouce. Sans trop de succès mais avec l’envolée des prix du carburant, Bercy, cette fois, ne ferme pas la porte.  

Ce n'est pas tranché si cela viendrait en plus des autres aides sur les carburants. Le gouvernement a prévu de prolonger au delà du 31 juillet la remise de 18 centimes d’euros sur le litre de carburant pour tous les Français, mais il a aussi promis de basculer, probablement à la rentrée, sur un dispositif ciblé sur les gros rouleurs. Ce chèque carburant pourrait donc en faire partie ou s’y substituer. La CFDT n’est pas contre, même si, pour les syndicats, le mieux pour aider les salariés reste quand même de vraies augmentations au niveau de l’inflation.

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