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Le décryptage éco. Bientôt une prime à la casse pour relancer le secteur de l'automobile

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie a annoncé un plan de soutien au secteur automobile qui privilégie l'achat de véhicules électriques ou hybrides. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

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Une chaîne de production du véhicule électrique Zoé de Renault à Flins-sur-Seine (Yvelines), le 6 mai 2020.
Une chaîne de production du véhicule électrique Zoé de Renault à Flins-sur-Seine (Yvelines), le 6 mai 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

Pour relancer le marché de l’automobile, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire planche sur une prime à la casse à condition d’acheter une voiture écologique. L’idée n’est pas totalement nouvelle.

Après la crise économique de 2008, Nicolas Sarkozy avait mis en place une prime pour encourager les Français à changer de voiture ou à en acheter une nouvelle. Le montant était alors de 1 000 euros, et la prime concernait quasiment tous les véhicules. À l’époque, ça avait bien fonctionné et cela avait soutenu l’automobile.  En 2009, il y avait eu plus de 2 millions de voitures neuves vendues – on n’avait pas vu ca depuis les années 90 – et la prime à la casse avait soutenu un quart de ces ventes. Cette fois, ce serait un peu différent, promet toutefois Bruno Le Maire, la prime ne concernerait que les véhicules propres, c’est à dire les voitures électriques ou les hybrides. Des segments sur lesquels les marques françaises sont plutôt bien positionnées. Il s'agit aussi d’éviter les erreurs 2008/2009, où la prime, en fait, avait profité aux voitures les moins chères, dont beaucoup étaient produites à l’étranger. Que ce soit Renault ou PSA, ils fabriquent des véhicules propres en France : l’idée, c’est donc aussi de soutenir les emplois dans l’hexagone, surtout à un moment où on parle beaucoup de souveraineté industrielle.  

Le montant pas encore établi

Le gouvernement réfléchit encore au bon calibrage parce qu’en fait il existe déjà plusieurs dispositifs de soutien : il y a d’abord une prime à la conversion, sous condition de ressources, pour aider les particuliers aux revenus modestes à changer de voiture pour en prendre une moins polluante. Cette prime peut aller jusqu’à 5 000 euros pour les véhicules électriques ou les hybrides rechargeables, neufs ou d’occasion et jusqu’à 3 000 euros, pour une voiture thermique, toujours moins polluante que diesel.

Et en plus, il y a aussi un bonus écologique, qui ne dépend pas des revenus du ménage et qui peut aller jusqu’à 6 000 euros pour les particuliers qui achètent un véhicule électrique. En réalité, le gouvernement réfléchit à élargir ces aides, à les compléter, et aussi les rendre plus simples pour toucher davantage de clients.   

Le gouvernement promet des annonces d'ici 15 jours 

Le gouvernement veut aller vite pour donner un coup d’accélérateur au secteur qui va très mal : en avril, on était à presque moins 90% d’immatriculations de voitures neuves ! Ces primes à la casse ou plutôt à la conversion viseront les particuliers mais aussi les entreprises pour les inciter à verdir leur flotte de véhicules.

Une chaîne de production du véhicule électrique Zoé de Renault à Flins-sur-Seine (Yvelines), le 6 mai 2020.
Une chaîne de production du véhicule électrique Zoé de Renault à Flins-sur-Seine (Yvelines), le 6 mai 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)