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Le décryptage éco. Renault : premier déficit depuis 10 ans

Renault vient de publier ses résultats 2019. Le groupe plonge dans le rouge pour la première fois depuis dix ans. 

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Des drapeaux pourtant le logo Renault devant le siège social à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
Des drapeaux pourtant le logo Renault devant le siège social à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). (CHESNOT / FRENCH SELECT)

Renault vient de publier ses résultats 2019. Ils confirment une année noire pour le constructeur automobile français après la chute de son patron emblématique, Carlos Ghosn, fin 2018.

Le groupe plonge dans le rouge pour la première fois depuis dix ans. Concrètement Renault affiche pour 2019 un déficit de 141 millions d’euros alors qu'en 2018, il dégageait encore un bénéfice de 3,3 milliards d'euros. Pourquoi ce repli ? D'abord la contribution de Nissan. Renault détient 43% du japonais et ce dernier a vu lui aussi son activité baisser l'an dernier. Et puis les ventes de ses voitures en repli : elles ont reculé de près de 3,5% sur l'ensemble de l'année dernière. Pas de quoi réjouir les investisseurs. À la Bourse de Paris, l’action Renault a fondu de moitié en un an à 35 euros, son plus bas niveau depuis dix ans.

L’affaire Carlos Ghosn appartient-elle au passé ?

Excepté les dossiers en cours qui relèvent de la justice, le groupe s’efforce de tourner la page. Dès qu’il le peut, le président de Renault fait taire les rumeurs de mésentente avec ses partenaires au sein de l’alliance, Nissan et Mitsubishi. L’entente entre les trois constructeurs est, dit-il : "Plus forte que jamais". Jean-Dominique Senard qualifie carrément de fake news les récentes affirmations du très puissant quotidien des affaires britanniques Financial Times, sur la volonté de Nissan de se séparer de Renault. Un renforcement de l'alliance est indispensable pour être au rendez-vous des moteurs électriques et hydrogènes. L'ancien patron de Michelin, appelé à la rescousse il y a un an, chiffre entre dix et douze milliards d’euros les investissements nécessaires dans les sept prochaines années. Ni Renault, ni Nissan, ne peut porter seul le fardeau.

Bientôt un nouveau patron

Cette histoire, c’est le successeur de Carlos Ghosn qui devra l’écrire. L’homme providentiel s’appelle Luca de Meo, recruté à grands frais chez le constructeur espagnol SEAT, filiale de Volkswagen. Luca de Meo, qui doit prendre son poste le 1er juillet prochain, a déjà sa feuille de route : assurer une gouvernance transparente et tout faire pour entretenir "un respect partagé" avec les équipes de Nissan et Mitsubichi. Les clefs de la réussite, selon les propres termes de Jean-Dominique Senard.

Des drapeaux pourtant le logo Renault devant le siège social à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
Des drapeaux pourtant le logo Renault devant le siège social à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). (CHESNOT / FRENCH SELECT)