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Le débrief politique. Consignes de vote : Les Républicains divisés, Christian Estrosi réclame des exclusions

La lettre de Christian Estrosi, les recommandations de Hollande, l'opération séduction du FN auprès des insoumis... Tout ce qu'il ne fallait pas rater dans l'actualité politique de mardi 25 avril avec Yael Goosz. 

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Christian Estrosi lors de la réunion des ténors du parti Les Républicains le 24 avril 2017 à Paris.
Christian Estrosi lors de la réunion des ténors du parti Les Républicains le 24 avril 2017 à Paris. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Estrosi veut faire le ménage

Alors que le parti Les Républicains est profondément divisé sur la question du vote pour le second tour de l'élection présidentielle, le 7 mai prochain, y compris les Sarkozystes, Christian Estrosi , lui, réaffirme son "soutien sans équivoque à Emmanuel Macron" et s'en prend à ceux qui appellent à voter Le Pen. 

Dans une lettre adressée, ce mardi, à Laurent Wauquiez, François Baroin et Christian Jacob, le président de la région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur demande "l'exclusion définitive" de Françoise Hostalier, ancienne secrétaire d’État, mais aussi des membres de Sens commun, l'organisation qui avait soutenu la candidature de François Fillon, car elle "a indiqué qu’elle invitait ses membres à s’abstenir ou à voter blanc", précise la lettre. Enfin, Christian Estrosi demande à ce qu'il soit "indiqué à Jean-Frédérique Poisson", le président du Parti chrétien-démocrate, que le son parti "ne pourra rester parti associé des Républicains si Madame Boutin demeure sa présidente d’honneur." Christine Boutin avait indiqué, sur twitter, qu'elle voterait en faveur de la candidate du Front national. 

Christian Estrosi, qui avait rencontré Emmanuel Macron le 1er avril dernier, s'insurge dans ce courrier que la direction du parti ait exprimé sa volonté d’exclure "celles et ceux qui engageraient des discussions avec Emmanuel Macron ou même qui feraient publiquement campagne en sa faveur pour conjurer le risque de voir le clan Le Pen l’emporter."

Le Yalta sarkozyste

Nicolas Sarkozy, lui, devrait dévoiler son vote d'ici la fin de la semaine, sans doute via une tribune. L'ancien président dira qu'il votera pour Emmanuel Macron, comme Alain Juppé, François Fillon et tous ceux qui sont favorables au front républicain. Nicolas Sarkozy se pose aussi en DRH des législatives. Il a déjeuné dès lundi avec François Baroin, Christian Jacob, Laurent Wauquiez et Brice Hortefeux et a fait passer ses consignes pour la suite. Tout serait donc bouclé à en croire les Sarkozystes. François Baroin pour la direction politique des législatives, Christian Jacob la direction opérationnelle et Laurent Wauquiez au parti. Le Yalta sarkozyste. Après l'hyper-président, voilà l'hyper-retraité !

Et la retraite attendra aussi pour Alain Juppé qui réunit ses troupes en ce moment au café Les initiés, ça ne s'invente pas, dans le centre de Paris, pour peser, lui aussi, sur la ligne du parti Les Républicains.

Deux candidats, deux campagnes

L'un est favori, l'autre est challenger. Et clairement, ça commence à s'entendre et à se voir dans la manière dont l'un et l'autre ont décidé de faire campagne. Macron temporise en engrangeant les ralliements, les soutiens, on va y revenir. 

Marine Le Pen, elle, choisit de mettre le turbo. Réveil à l'aube pour la candidate Front national, la France qui se lève tôt à Rungis (Val-de-Marne). La blouse blanche déambule entre les carcasses de viande. Message aux électeurs fillonnistes, qui auraient été "trahis" par leur candidat. Message aux électeurs mélenchonnistes, le made in France contre le libre-échange "total". Mais une visite, ça ne se passe pas toujours comme prévu. Alors qu'elle discutait avec un boucher, rappelant sa volonté de voir des "productions françaises" dans les cantines, son interlocuteur lui rétorque : "Sachez quand même qu'il y a certains produits pour lesquels on est dépendant, type l'agneau. Il y a des choses que vous aurez du mal à changer en termes d'une certaine production"

Et oui ! On ne peut pas tout changer. Allez, quelques selfies pour oublier. Marine Le Pen veut faire mentir les sondages, même si les reports de voix lui sont pour le moment défavorables. Elle doit au moins doubler son score du premier tour si elle veut l'emporter et passer de 7,5 à 14 millions de voix. L'abstention pourrait la favoriser. 

Hollande, hommage et recommandations

C'est la photo politique du jour : Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Hollande réunis. Dans des circonstances très particulières : l'hommage au policier tué sur les Champs-Élysées, Xavier Jugelé. Hommage national dans la cour de la préfecture de police de Paris. Moment très émouvant et très politique puisque le président en a profité pour interpeller les deux finalistes ! "Je leur demande d'accorder les ressources budgétaires nécessaires, c'est ce que j'ai fait depuis cinq ans avec l'embauche de 9000 postes. Ce qui est attendu c'est de la cohérence dans l'effort plutôt que des surenchères et des ruptures."

Les "surenchères", c'est Marine Le Pen qui était visée. Mais Emmanuel Macron aussi a eu droit à la petite leçon du professeur Hollande. C'était en Mayenne cet après-midi. Confidence inquiète du président : "Il n'y a pas eu de prise de conscience de ce qui s'est passé dimanche. Un vote, ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie et ça se porte". Avertissement, quasi carton jaune de François Hollande l'ancien adressé à Macron le jeune. 

Les marcheurs flottent

Depuis 48 heures, on a l'impression d'un certain flottement chez les marcheurs. "C'est parce qu'on est au travail, pour être prêt", explique l'entourage d'Emmanuel Macron. Tellement au travail que les couacs s'enchaînent : une fête un peu prématurée à La Rotonde dimanche soir et, 36 heures après, un déplacement à l'hôpital de Garches (Hauts-de-Seine) mais sans image et sans son ou presque. Le candidat de En Marche est sur le plateau du 20 heures de France 2 ce mardi soir et la promesse, qui sera honorée mercredi, d'aller voir les Whirlpool à Amiens avant un meeting à Arras, une des rares villes où Emmanuel Macron est arrivé devant le FN dans les Hauts-de-France. 

Le Pen, opération séduction des insoumis

Marine Le Pen, elle, est visible sur TF1 ce mardi soir, avant un meeting jeudi à Nice. Pas facile à suivre non plus, Marine Le Pen. C'est un peu le cache-cache pour éviter les nuées de caméras et de journalistes. Son père aussi, Jean-Marie Le Pen, est très sollicité. Sur France Inter ce mardi matin, il s'est montré très élogieux à l'égard de Jean-Luc Mélenchon qui n'a toujours pas donné de consigne de vote. "Il est très correct. Cela me paraît très digne de la part d'un candidat qui a fait une percée remarquable et qui était, il faut le dire, sur le plan oratoire, le meilleur".

C'est le baiser du serpent de Le Pen à Mélenchon. Evidemment caricatural ou comment exploiter le silence des insoumis. Sur les réseaux sociaux, le FN diffuse un tract qui prétend recenser les très nombreux points en commun entre Marine Le Pen et Jean-Mélenchon. Selon notre sondage publié dimanche soir, 9% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon envisageraient de voter pour Marine Le Pen, ils sont 33% chez les électeurs de François Fillon. Précisons que les 460 000 insoumis sont appelés à voter sur internet depuis ce mardi matin. Réponse vendredi : on saura si c'est blanc, Macron, ou abstention.

Pour Nicolas Dupont-Aignan, réponse jeudi après-midi. Et ce silence de Jean-Luc Mélenchon redonne de la voix au communiste Pierre Laurent à franceinfo : "La consigne est très claire. Nous pensons qu'il faut battre Marine Le Pen, qu'il ne faut pas banaliser le danger de son élection. Les forces qui ont permis le résultat de Jean-Luc Mélenchon doivent aller à la bataille ensemble pour gagner le maximum de circonscriptions."

La note du débrief : 7/20 pour Macron

Après le couac lors du déplacement à l'hôpital de Garches (Hauts-de-Seine), c'est un 7/20 pour le manque de professionnalisme du candidat arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle. Il lui reste dix jours pour se ressaisir. 

Christian Estrosi lors de la réunion des ténors du parti Les Républicains le 24 avril 2017 à Paris.
Christian Estrosi lors de la réunion des ténors du parti Les Républicains le 24 avril 2017 à Paris. (VINCENT ISORE / MAXPPP)