Covid-19 : vaccination bientôt obligatoire en Autriche, sanctions financières pour les non-vaccinés à Singapour

écouter (6min)

Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qu'il se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui, direction l'Autriche et Singapour qui prennent des décisions radicales pour freiner la propagation du Covid-19.

Article rédigé par
Isaure Hiace, Gabrielle Maréchaux - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Un employé remplit une seringue du vaccin Pfizer, à Schwaz, en Autriche, le 11 mars 2021. (JOHANN GRODER / AFP)

Comment contrer la progression du Covid-19 ?  Alors que l'Allemagne songe à rendre la vaccination obligatoire, focus sur l'Autriche qui a acté l'obligation vaccinale,et Singapour, qui ne remboursera plus les frais médicaux des non-vaccinés.

En Autriche, vaccination obligatoire contre le Covid-19

L'Autriche a décidé que le vaccin contre le Covid-19 serait obligatoire à partir de février prochain. Le gouvernement avait d'abord tenté d'imposer un confinement aux seuls non-vaccinés mais cela n'a pas suffi à freiner le regain de l'épidémie dans le pays. C'est pourquoi la coalition écolo-conservatrice a ensuite décidé d'un confinement pour toute la population qui est en vigueur jusqu'au 12 décembre. Après cette date, il pourrait se prolonger de nouveau pour les seuls non-vaccinés.

Parallèlement, l'Autriche a en effet décidé que la vaccination deviendrait obligatoire à compter de février. Un projet de loi en ce sens sera présenté la semaine prochaine. Plusieurs cycles de discussions sont prévus pour l'élaborer. Lors d'une première réunion cette semaine, le gouvernement a affirmé que cette obligation vaccinale ne concernerait pas les élèves de primaire mais on ne sait pas encore à partir de quel âge cette mesure s'appliquera. Tout comme on ignore à quelles sanctions s'exposeront ceux qui refusent de le faire. 

L'idée d'une vaccination obligatoire mal acceptée par une partie de la population

Ces derniers jours, cette mesure a rassemblé des dizaines de milliers d'opposants dans les rues de plusieurs villes autrichiennes. Une contestation encouragée par le FPÖ, le parti d'extrême droite. Le FPÖ n'est d'ailleurs pas invité aux discussions sur le projet de loi, contrairement aux autres partis, car il est fermement contre et accusé d'instrumentaliser le mouvement d'opposition, qui rassemble des extrêmes mais pas seulement.

La ministre de la Constitution Karoline Edtstadler a d'ailleurs tenu à s'excuser auprès d'une partie des personnes non vaccinées. "Je voudrais m'excuser auprès de ceux qui ont senti jusqu'à présent qu'on ne s'adressait pas suffisamment à eux, qui ont peut être eu le sentiment d'être confondus avec des personnes aux opinions extrêmes, a-t-elle déclaré. Si quelqu'un s'est senti stigmatisé, sachez que nous n'avons jamais voulu cela. Nous souhaitons, au contraire, nous adresser à ceux qui se font peut-être encore du souci, c'est pourquoi une large alliance, au-delà des clivages partisans, est nécessaire."

À ce jour, seuls 67% des Autrichiens ont reçu leurs deux doses de vaccin.  

À Singapour, les malades du Covid-19 non vaccinés devront payer leurs frais médicaux 

Plutôt qu'une obligation vaccinale, le gouvernement singapourien a opté pour une contrainte qui peut se révéler financièrement lourde pour les non-vaccinés : leur faire payer les frais médicaux de leur hospitalisation – qui étaient jusque-là entièrement remboursés – si jamais ils doivent être admis en soins intensifs. Et la facture peut être salée car le coût moyen d'une hospitalisation en cas de Covid-19 est de... 16 200 euros. Dans le collimateur de cette mesure qui entrera en vigueur le 7 décembre : les seniors. Singapour espère les inciter à se faire vacciner, car si 4% des personnes éligibles à la vaccination ne sont pas encore vaccinés, ce pourcentage passe à 6% chez les septuagénaires, et à 12% chez les plus âgés encore. 

Cette approche est un tournant, car au début de la campagne vaccinale, Singapour cherchait plutôt à inciter sans contraindre, en rendant disponible par exemple le vaccin chinois Sinovac aux personnes qui étaient méfiantes envers les vaccins à ARN messager, ou bien en faisant appel pour un spot de prévention aux idoles d'une vieille sitcom singapourienne qui chantait "va te faire vacciner et reste calme."

Renforcer les structures et les effectifs hospitaliers

Et si Singapour décide de sévir c'est parce qu'elle reste inquiète du débordement du système hospitalier, alors que ce petit pays a abandonné la stratégie zéro Covid. Si 87% des Singapouriens sont vaccinés, ces derniers restent minoritaires en soins intensifs, assurent les autorités sanitaires. Mais le gouvernement ne compte pas seulement sur cette mesure, il a annoncé également se préparer à doubler le nombre de lit des unités Covid en un mois, et pour pallier le manque de personnel, certains n'hésitent pas à utiliser également un outil financier : ainsi un groupe hospitalier privé propose une prime allant jusqu'à 8 000 euros pour tout membre de son personnel qui parviendrait à recruter une infirmière supplémentaire. 

Pour l'instant à Singapour, les critiques se font rares. Et aux États-Unis, cette décision de ne plus rembourser les frais médicaux des non-vaccinés a été plutôt l'objet de blagues. L'humoriste Ronny Chieng, connu pour avoir joué dans le film Crazy Rich Asians, a ainsi fait le parallèle entre les coût exorbitant des hôpitaux aux États-Unis et ceux de Singapour où il a grandi en disant dans le très populaire Daily Show  "être traité comme dans le système de santé américain, c'est vraiment la pire punition que l'on puisse affliger."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.