Présidentielle 2022 : pour Anne Hidalgo, l'objectif 5%

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Les socialistes ne croient plus en la victoire d’Anne Hidalgo à la présidentielle. L’objectif désormais c’est de limiter la casse, en atteignant le seuil remboursable.

Article rédigé par
Neila Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La candidate à la présidentielle du Parti socialiste français (PS) Anne Hidalgo lors du meeting de campagne au Cirque d'Hiver à Paris le 3 avril 2022 (THOMAS COEX / AFP)

Limiter la casse pour Anne Hidalgo dans cette campagne présidentielle, c’est parvenir - en dépit de ce que prévoient les sondages - à dépasser la barre des 5% dimanche, lors du premier tour de la présidentielle. 5%, c’est ce qui permet aux candidats d’être remboursés par l’État des frais engagés pendant leur campagne.

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“Ce serait évidemment mieux de pouvoir les atteindre”, confie dans une forme d’évidence un membre de la direction socialiste, qui s'accroche "à la marge d'erreur, et il y a toujours des bougés dans la dernière semaine." Mais personne ne peut faire de prédiction, on savait que ce serait une élection difficile”, ajoute aussitôt le même membre. Le PS se prépare donc à des jours compliqués, même si la direction rejette le risque de faillite financière. 

Un risque financier limité

“La campagne Hidalgo a été sobre et économe, il n’y a pas eu de dépenses grandiloquentes”, insiste un cadre, “comme il n’était pas totalement acquis d’être remboursés, tout a été recalibré.” Au moins un meeting a été annulé notamment. Impossible d’avoir le détail du budget d’Anne Hidalgo, secret le mieux gardé de cette présidentielle, mais on sait qu’une partie des fonds a été versée par le PS, et le reliquat par les fédérations, les départements. Ainsi, le risque financier est partagé. De plus, le parti s’est bien gardé de trop s’exposer : il n’y a eu ni prêt bancaire, ni hypothèque du siège pour financer la présidentielle. Pas de créancier à rembourser, donc risque financier limité.

“Et on a même encore un peu d’argent, fanfaronne un secrétaire national, et autour de 40 millions de biens fonciers dans toute la France.” “Donc vous ne verrez pas les huissiers taper à notre porte dans une semaine”, ironise un proche d’Olivier Faure, le premier secrétaire du PS.

Malgré cela, la gestion financière de cette campagne risque de poser problème. Car à l’heure des règlements de compte, après la campagne, certains élus vont réclamer le départ d’Olivier Faure, tenu en partie responsable de la débâcle. Dans la liste des griefs figure la gestion pécuniaire. “Personne ne sait où passe l’argent, il y a une opacité totale, c’est surréaliste et honteux”, accuse un cadre. L’inquiétude grandit désormais pour les législatives, l’élection des députés en juin.

L'enjeu des législatives

Jusqu’ici le PS offrait aux candidats une sorte de garantie, pour aider ceux qui n’atteignent pas les 5%, le seuil remboursable, pour ne pas que leurs deniers personnels y passent. Ce dispositif sera-t-il reconduit ? Pas sûr, et le risque pointé par un responsable local, c’est que les candidats ne fassent pas campagne. Et donc un résultat catastrophique. Or, le financement public des cinq prochaines années dépend du score du PS aux législatives. C’est un peu le serpent qui se mord la queue.

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