Budget 2024 : la majorité réfléchit à la meilleure stratégie pour l'examen du projet de loi de finances

L'examen du budget va commencer dans quelques semaines à l'Assemblée nationale. La majorité présidentielle réfléchit déjà à la gestion de ce texte, c'est l'info du brief.
Article rédigé par France Info, Aurélie Herbemont
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
L'hémicycle de l'Assemblée nationale pendant une séquence de questions au gouvernement, le 18 juillet 2023. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

La Première ministre commence à tâter le terrain durant ce mois de septembre. Pendant ses rencontres avec les responsables de l'opposition, "elle nous a demandé s'il serait possible d'organiser un peu les débats, pour qu'on ait le temps d'examiner chaque point du budget", confient des représentants de la Nupes. Traduction : "sans passer des heures et des heures sur un seul article avec une bataille d'amendements". Élisabeth Borne prend la température pour voir si un débat qui ne vire pas à la foire d’empoigne est possible… ou si c'est peine perdue.

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Trouver un mode opératoire apaisé n'est pas gagné. "L'idée d'Élisabeth Borne fonctionnerait avec des oppositions raisonnables mais là je n'y crois pas", explique un député de la majorité. Cet élu, pas très optimiste, ajoute : "on sait déjà qu'ils vont demander à débattre, tout en disant que ça ne sert à rien car il y aura des 49.3, et en nous traitant de tous les noms".

Quand déclencher le 49.3 ?

Le passage par le 49.3 est lui acquis. Impossible de faire autrement en majorité relative. D'ailleurs, cette année Élisabeth Borne ne fait pas semblant de croire qu'il y a une voie de passage. La fin de l'histoire est connue. Comme l'an dernier il y aura une dizaine de 49.3, à chaque étape du budget. La seule question qui reste en suspens c'est "quand ?" La stratégie n'est toujours pas tranchée par la majorité. D'un côté, il y a les partisans du "tenir le plus longtemps possible sans 49.3", histoire de montrer que le parlement n'est pas muselé, que chacun peut faire valoir ses différences. De l'autre, il y a ceux qui ne veulent pas revivre le "supplice chinois" de l'an dernier.

Élisabeth Borne n'avait dégainé le premier 49.3 qu'après sept jours de discussions alors que l'opposition infligeait revers sur revers au gouvernement. L'Assemblée avait voté contre son avis une taxation exceptionnelle des superdividendes par exemple. Les députés de la majorité en étaient ressortis lessivés. "Il ne faut pas activer le 49.3 trop tôt, juge un dirigeant, mais pas trop tard non plus". L'équilibre va donc être difficile à trouver.

Se rendre ou non à la marche contre les violences policières

Le Parti socialiste va décider mardi 19 septembre dans la soirée s'il participe ou non à la marche contre les violences policières prévue samedi. Une manifestation à l'appel d'ONG, de syndicats et de partis politiques comme LFI et EELV. "Soit on y va avec nos propres mots d'ordre, soit on n'y va pas", expose un député socialiste, plutôt partisan de ne pas y aller. La raison de cette frilosité ? Les Insoumis qui avaient refusé d'appeler au calme pendant les émeutes. Les communistes ont déjà tranché : ça sera sans eux. Fabien Roussel l'a dit la semaine dernière sur franceinfo, il refuse de participer à une manifestation où on scande "tout le monde déteste la police".

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