Affaires Quatennens et Bayou : les féministes doivent-elles créer leur propre parti ?

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Les affaires Quatennens et Bayou secouent la gauche. Une partie des féministes s’interrogent : doivent-elles créer un parti 100% féministe ?

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Sandrine Rousseau à l'Assemblée nationale le 3 août 2022.  (ALAIN JOCARD / AFP)

Longtemps La France Insoumise et Europe Ecologie-Les Verts ont été vus, par de nombreuses féministes, comme les véhicules politiques les mieux placés pour pousser leurs idées. Les récentes affaires, et surtout la réaction de cadres comme Jean-Luc Melenchon, sont venues jeter un doute : ces partis sont-ils réellement féministes ? "On s’interroge", confirme la responsable d’un collectif, qui déplore que "Nos luttes ne sont bien portées que par nous-mêmes".

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Faut-il en passer par la création d’un parti féministe ? C’est un sujet récurrent à gauche. Après l’échec de Sandrine Rousseau à la primaire écologiste, la tentation était déjà présente. Des partis féministes existent en Belgique depuis les années 70, en Suède, récemment en Espagne. Mais en France, il n'y a que des mouvements associatifs. L'éco-féminisme, plus radical, pourrait-il aller chercher un nouvel électorat ? Pour se rassembler, il faudrait que le féminisme lève plusieurs freins qui l'empêchent de devenir une force politique indépendante. 

Voile, prostitution, trans : clivages insurmontables chez les féministes

Premier frein, la définition idéologique. N'y a-t-il qu'un seul féminisme ? L’historienne Florence Montreynaud l’explique très bien : "Le paysage féministe est fragmenté" Cette militante historique décrit trois clivages insurmontables : la prostitution, le voile, les transsexuels. Sur ces trois points.. les courants féministes s’affrontent, parfois violemment. Cela explique notamment pourquoi Sandrine Rousseau a été sifflée dimanche lors d’une manifestation de soutien aux Iraniennes. Elle est parfois jugée complaisante avec les islamistes sur la question du voile en France.

Autre frein : une méfiance vis-à-vis des appareils. "Les partis sont des structures patriarcales et violentes", déplore une responsable associative. Les luttes de pouvoir y aboutissent trop souvent à réduire le rôle des femmes. Mais cela n’empêche pas certaines militantes de vouloir y rester :"Sans rapport de force en interne, rien ne changera", revendique ainsi l’écologiste parisienne Raphaëlle Remy-Leleu, bien décidée à pousser les questions d’égalité au sein d’EELV.

Une volonté d’entrisme qui ne fait pas que des heureux. Chez les Verts, certains cadres verraient presque d’un bon œil une scission : "Elles se servent de l’écologie comme un coucou", s’agace un membre du conseil fédéral. Le congrès prévu en décembre pourrait clarifier la ligne et en fonction des résultats, relancer les velléités d’indépendance des éco-féministes.

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