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Le brief éco. La BCE peut-elle guérir l'économie européenne du Covid-19 ?

La Banque centrale européenne ne pourra pas rester immobile très longtemps. Sans céder à la psychose, le Covid-19 va avoir un impact évident sur nos économies.

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Le site de la Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne). Photo d\'illustration.
Le site de la Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne). Photo d'illustration. (DANIEL ROLAND / AFP)

La Banque centrale européenne (BCE) peut-elle voler au secours de l’économie fragilisée par le coronavirus ? Mardi 3 mars, l’équivalent de la BCE aux États-Unis – la Réserve fédérale américaine – a baissé ses taux d’intérêt pour soutenir la croissance. La BCE, elle, n’a pas bougé. Elle ne pourra pas rester immobile très longtemps. C’est probablement une question de jours. Sans céder à la psychose, le Covid-19 va avoir un impact évident sur nos économies. L’urgence n’est pas de chiffrer précisément la perte de croissance (0,1 ou 0,2, voire 0,3%), le plus urgent est d’aider les entreprises à maintenir la tête hors de l’eau tant que dure la crise.

Faibles marges de manœuvres pour la BCE

Le premier geste serait de baisser les taux d’intérêt comme viennent de le faire les États-Unis. Baisser les taux permet aux entreprises de continuer à investir ; aux particuliers de conserver du pouvoir d’achat en remboursant moins cher leurs emprunts. C’est compliqué pour la BCE car, contrairement aux États-Unis où les taux sont un peu plus élevés, nos taux sont au plancher. Quand on est à 0% ou presque, il est difficile de descendre plus bas. À défaut, il convient d’offrir aux entreprises des solutions pour combler leurs pertes de chiffre d’affaires. Or, qui prête aux entreprises ? Les banques ! Il faut donc aider les banques à aider les entreprises en leur prêtant à elle-même de l’argent à bon compte.

Spirale infernale risquée ?

La BCE injecte déjà dans l’économie réelle chaque mois 20 milliards d’euros pour soutenir l’activité. Selon le chef économiste de la banque Natixis, Patrick Artus, elle peut très bien monter jusqu’à 30 ou 40 milliards mensuels. C’est ce que l’on appelle le "quantitative easing" : un outil de politique monétaire non traditionnel qui permet aux banques de prêter plus facilement aux entreprises et aux ménages, mais aussi de faire varier la quantité de monnaie en circulation pour influencer les prix et soutenir la consommation. Nous en sommes là aujourd’hui. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, se dit prête à prendre les mesures appropriées. Il ne lui reste plus qu’à dégainer après avoir mis d'accord tous les États membres de l'Europe.

Le site de la Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne). Photo d\'illustration.
Le site de la Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne). Photo d'illustration. (DANIEL ROLAND / AFP)