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VIDEO. Patrick Artus : "La dette devient le moteur normal de financement des économies"

Invité de Jean-Paul Chapel dans ":l'éco", Patrick Artus, chef économiste à Natixis, est venu parler de son nouvel ouvrage "Discipliner la finance". 

franceinfo

La finance a pris une importance inouïe dans le monde, elle atteint 400 000 milliards de dollars...

"Oui, ce qui fait quatre années et demi du produit intérieur brut du monde. Il y a vingt ans la finance c'était deux fois l'économie réelle et aujourd'hui on approche de cinq fois l'économie réelle"

Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

"On a eu besoin d'intermédier beaucoup plus l'épargne. Il faut comprendre que la finance c'est ce qu'il y a entre les épargnants c'est à dire nous tous, et ceux qui ont besoin de s'endetter ou de financer des investissements. On a eu d'une part la très forte hausse des besoins de financement des États, les dettes publiques ont beaucoup augmenté, et puis les entreprises ont décidé de se financer beaucoup plus par la dette et beaucoup moins en actions, et on a eu tout le processus de bulle immobilière qui fabrique du crédit. Il y a de plus en plus de gens qui ont besoin de se financer, de s'endetter ou d'emettre des actifs financiers parce que on a de plus en plus d'investissement, de déficit et qu'on a choisi en plus de s'endetter par la dette. La dette devient le moteur normal de financement des économies" explique Patrick Artus. 

La question AFP : Les économistes mettent en garde contre le protectionnisme de Donald Trump. Pourtant la croissance américaine semble bien se porter. Les économistes se sont-ils trompés ? 

"Le protectionnisme ne fait rien. Vous avez deux effets qui s'annulent, vous taxez des produits importés donc vous les payez plus cher mais comme c'est une taxe il faut redistribuer la taxe. Donc ce qu'on vous prend dans une main en payant plus cher les importations on vous le rend de l'autre en rendant le produit de la taxe sur les importations. Donc l'effet sur l'économie américaine il est de zéro en réalité, donc ça peut durer" répond l'économiste. 

L'interview s'est conclue sur "Honky tonk women" des Rolling stones.