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Le brief éco. Boeing, la malédiction du 737 MAX

Les deux récentes catastrophes aériennes impliquant des Boeing 737 MAX plongent l’avionneur américain dans une sérieuse crise. Boeing vient d’annoncer la plus grosse perte en un siècle d’existence.

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Site d\'assemblage de Boeing du 737 MAX, à Renton (USA).
Site d'assemblage de Boeing du 737 MAX, à Renton (USA). (JASON REDMOND / AFP)

Boeing vient d’annoncer sa plus grosse perte en un siècle d’existence. Le modèle Boeing 737 MAX est mis en cause dans deux récents accidents qui ont tué 343 personnes. Une perte nette de trois milliards de dollars (2,7 milliards d’euros) au deuxième trimestre, et un chiffre d’affaires en baisse de 35%. La dégringolade est dûe à la charge exceptionnelle de 5,5 milliards d’euros que le groupe a intégré dans ses comptes pour faire face aux déboires de son appareil phare. Et la facture pourrait s’alourdir au cours des prochains mois, voire des prochaines années, car ni les probables indemnisations des familles des victimes, ni les possibles amendes des autorités américaines, n’ont été prises en compte à ce stade.

Les tests continuent autour du système anti décrochage

Que ce soit l’appareil de la compagnie indonésienne à bas coût, Lion Air, qui s’est abîmé au large de l’Indonésie en octobre 2018, ou l’avion d’Ethiopian-Airlines au large de l’Éthiopie en mars dernier, c’est le système anti décrochage permettant de stabiliser l’appareil qui a été mise en cause. Les deux crashs avaient fait 343 morts. Boeing continue de tester les correctifs du système mais rien n’est bouclé, et le temps qui file ne joue pas en faveur de l’avionneur américain.

Boeing veut rester prudent

Le 737 MAX est cloué au sol depuis quatre mois, le temps de vérifier les tests du système anti décrochage de l’appareil qui est mis en cause. L'avion est produit dans le Nord-Ouest des États-Unis, sur un site qui emploie 12 000 personnes. Le groupe annonce qu’il pourrait cesser temporairement de produire le 737 MAX. En avril il avait déjà réduit les cadences de production de 50 à 40 appareils par mois. À cela s’ajoutent les réactions de différentes compagnies clientes : Southwest a déjà dit qu’elle ne ferait plus voler de Boeing 737 MAX cette année ; American Airlines a annulé tous les vols sur l’appareil incriminé jusqu’à début novembre ; idem pour United Airlines.

Toute une filière industrielle fragilisée

L’effet commence à se faire sentir sur l’économie américaine via les entreprises sous-traitantes. L’impact sur les commandes de biens durables et surtout les investissements des entreprises est déjà visible. Cette situation reste suspendue à la levée de l’interdiction de vol. La décision est entre les mains de l’agence fédérale de l’aviation américaine et des autres régulateurs aériens ailleurs dans le monde. Tout cela risque de prendre encore du temps. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Boeing doit par ailleurs repousser à début 2020 le premier vol d'essai de son long-courrier 777 X, en raison de problèmes sur les moteurs fournis par Général Electric. Un coup dur porté à l’"America first" de Donald Trump.

Site d\'assemblage de Boeing du 737 MAX, à Renton (USA).
Site d'assemblage de Boeing du 737 MAX, à Renton (USA). (JASON REDMOND / AFP)