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Santé : le Covid-19 fait reculer la rougeole

 Il y a eu dix fois moins de cas de rougeole en France en 2020 qu'en 2019, selon les données de Santé Publique France. Cela s'explique par la vaccination, qui progresse de nouveau contre cette maladie virale. Mais le confinement a aussi joué un rôle.

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Une femme soignant un bébé atteint par la rougeole
Une femme soignant un bébé atteint par la rougeole (SOUTH_AGENCY / E+)

Il y a eu dix fois moins de cas de rougeole en 2019 qu'en 2020. Le confinement n'est pas étranger à cette baisse impressionnante du nombre de cas. C'est en tous cas ce que pensent les infectiologues de Santé Publique France, qui viennent de publier le bilan des cas de rougeoles dans notre pays l’an dernier. 

Incidence cumulée et nombre de cas de rougeole déclarés par département* de résidence, France, 1er janvier au 31 décembre 2020 (n=240)
Incidence cumulée et nombre de cas de rougeole déclarés par département* de résidence, France, 1er janvier au 31 décembre 2020 (n=240) (CAPTURE D'ECRAN/ SANTE PUBLIQUE FRANCE)

Ils sont passés de 2 636 cas déclarés en 2019 à 230 cas en 2020. Une division par dix liée aux interactions sociales beaucoup moins nombreuses l’an dernier. Le taux d’incidence de la rougeole est donc tombé à 0,36 cas pour 100 000 habitants. Pour le Covid-19, on est plutôt autour de 400 aujourd'hui.

Six départements encore concernés par la rougeole

Six départements ont déclaré des foyers épidémiques l’an dernier. C’est dans le Bas-Rhin et en Haute-Savoie qu’il y en a eu le plus, avec respectivement 87 et 47 cas. 72 personnes ont dû être hospitalisées, dont 3 en réanimation. 23 ont souffert de pneumopathie. Heureusement, aucune n’est morte. Santé Publique France note que les cas de 2020 se sont produits dans des communautés de gens du voyage ou chez des personnes en grande précarité, où la couverture vaccinale est aussi très mauvaise.

Des progrès depuis l'obligation vaccinale

Tous les enfants nés après le 1er janvier 2018 doivent recevoir deux doses du vaccin ROR (rougeole-oreillon-rubéole). Aujourd’hui, on voit que l’on s’approche de l’objectif des 95% d’une génération vaccinée. Si on atteint quasiment ce chiffre pour la première dose, on est plutôt autour de 80% pour la deuxième, ce qui n’est pas encore suffisant pour protéger tout le monde.

La vaccination contre la rougeole correspond à l'histoire d’une immunité collective. Les enfants sont vaccinés pour protéger les grands et limiter sa circulation. Il s’agit de la maladie virale la plus contagieuse que l’on connaisse. Un malade peut contaminer jusqu’à 20 personnes rien qu’en toussant. Ses symptômes sont aussi la fièvre, le nez qui coule, les yeux qui pleurent et des rougeurs sur la peau. Souvent vue comme bénigne chez les enfants des pays développées, elle peut être très grave pour ceux des pays pauvres mais aussi chez les adultes. Un sur deux doit être hospitalisé.

Un recul vaccinal lié à un doute infondé

En France, la rougeole inquiétait les autorités sanitaires après être montée jusqu'à 24 000 cas en 2011 et près d'une vingtaine de décès en quelques années. Si la couverture vaccinale commençait à reculer, c'est parce qu'en 1998, le vaccin avait fait l'objet d'une étude dans la revue The Lancet sur un lien avec l'autisme. L'étude a été retirée par la revue en 2010, mais le mal était fait et elle a instillé le doute.

Aujourd’hui les résultats de Santé Publique France montrent qu'en 2020 la vaccination des enfants progresse à nouveau, sauf dans les communautés les plus précaires. Ce constat rejoint les travaux de sociologues sur les "hésitants vaccins". Si les enfants sont peu vaccinés dans ces communautés, ce n'est pas forcément parce qu’elles sont contre les vaccins idéologiquement, mais parce que leur suivi médical n’est pas leur principale préoccupation.

Une femme soignant un bébé atteint par la rougeole
Une femme soignant un bébé atteint par la rougeole (SOUTH_AGENCY / E+)