Le billet vert, France info

Le billet vert. Découverte, prise de contacts et débats lancés : le bilan de la première réunion de la Convention citoyenne sur le climat

Ces 150 citoyens tirés au sort doivent proposer des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici 2030.

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Edouard Philippe, Premier ministre, à la Conférence citoyenne pour le climat à Paris, le 4 octobre 2019.
Edouard Philippe, Premier ministre, à la Conférence citoyenne pour le climat à Paris, le 4 octobre 2019. (IAN LANGSDON / POOL)
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La première réunion de la Convention climat a débuté vendredi 4 octobre à Paris. Les 150 citoyens tirés au sort ont la lourde tâche de proposer des solutions pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici 2030.

C'était donc un week-end studieux pour la plupart des citoyens membres de cette convention. Ils ont déjà vu passer beaucoup de monde en trois jours : des scientifiques, des juristes, des économistes, des ministres, dont Edouard Philippe qui leur a promis de transmettre leurs propositions en matière d’alimentation, de logements, de transports aux parlementaires, mais il ne leur a pas garanti qu’elles deviendraient toutes une réalité. En attendant, rien n’est interdit mais il faudra chiffrer ces propositions. Pas question de faire "l’argent magique" leur a dit le Premier ministre.

Ambiance cordiale et débats de fond

Ces 150 citoyens tirés au sort ont la lourde tâche de proposer des solutions pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici 2030. Ils ont fait connaissance et déjà identifié les points de blocages économiques, politiques et individuels face à la lutte contre le réchauffement climatique.

Si vous avez expérimenté de petits débats familiaux, entre amis ou collègues au début du mouvement des "gilets jaunes" : pour ou contre la taxe carbone sur les carburants ? C'est un peu la même chose. Il y a ceux qui soutenaient le mouvement, ceux qui trouvaient qu’ils exagéraient, ceux qui trouvaient que les factures énergétiques sont trop lourdes. Cette assemblée se veut une France en miniature avec 150 citoyens représentatifs de notre diversité rurale, urbaine, socioprofessionnelle.

Il y a les passionnés, comme Héloïse une jeune lycéenne très enthousiaste, les dubitatifs comme Yolande, la Bretonne se demande ce qui se passera ensuite. Il y a ceux qui veulent limiter la viande à un repas par semaine ou que tout le monde roule à vélo et puis il y a ceux qui sont moins impliqués et qui ont préféré regarder le match de rugby France-Tonga sur leur téléphone pendant que la ministre de l’Environnement, Elisabeth Borne, parlait dimanche 6 octobre.

Des propositions attendues pour le mois de janvier

Le gouvernement a déjà fait des lois sur l'alimentation, le transport, l'énergie, on voit donc bien que cette convention est une façon de faire revenir la taxe carbone mais avec des recettes plus clairement affectées aux transports, aux logements, à l'alimentation. Mais de cette assemblée, il peut y avoir d’autres idées comme celle d’une taxe planète ou d’une récompense carbone pour ceux qui réduisent leurs émissions. Là où une convention citoyenne a déjà fait ses preuves, c’est en Irlande en 2014 avec des référendums sur l’avortement et le mariage pour tous, deux sujets sur lesquels il est plus évident de poser une question simple aux électeurs.

En revanche, on imagine mal un référendum sur le climat. Le sujet est beaucoup plus global et les solutions diversement appréciées. Dimanche soir justement, quatre membres de la convention se sont retrouvés dans le même train pour rentrer chez eux. Ils discutaient de la présentation de la climatologue Valérie Masson-Delmotte sur l’évolution de notre planète quand leur voisin de TGV leur a demandé de se taire et que lui, "il en avait rien à faire du climat". Une façon de comprendre que leur mission est loin d’être gagnée.

Edouard Philippe, Premier ministre, à la Conférence citoyenne pour le climat à Paris, le 4 octobre 2019.
Edouard Philippe, Premier ministre, à la Conférence citoyenne pour le climat à Paris, le 4 octobre 2019. (IAN LANGSDON / POOL)