Coupe du monde de rugby : ce qu'il faut retenir de la victoire des Bleus face aux Tonga, qui les qualifie pour les quarts

Après une très bonne entame de match, le XV de France a encore une fois réussi à se faire peur. Résultat : une victoire sur le fil (23-21) et beaucoup d'incertitudes. 

La joie des rugbymen français, le 6 octobre 2019 à Kumamoto (Japon), après leur victoire contre les Tonga.
La joie des rugbymen français, le 6 octobre 2019 à Kumamoto (Japon), après leur victoire contre les Tonga. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Ce n'était pas forcément prévu dans le programme mais le XV de France va pouvoir prolonger son séjour au Japon. Après l'Argentine et les Etats-Unis, les Bleus ont continué leur sans-faute en battant les Tonga (23-21), dimanche 6 octobre, sur la pelouse de Kunamoto. Les voilà qualifiés pour les quarts de la finale de la Coupe du monde, et c'est l'essentiel. Car pour le reste, ce troisième et avant-dernier match de poules n'aura pas servi à faire le plein de sérénité.

Le film du match : encore une fois, que ce fut dur !

Cette fois, il n'y a plus de doute : les hommes de Jacques Brunel adorent titiller les nerfs des spectateurs. Comme contre les Pumas argentins et comme contre les Eagles américains, les Bleus ont joué à se faire peur contre les Tonga. Car figurez-vous que les Français ont mené 17-0 dans la première période. Deux essais leur permettaient en effet de prendre le large rapidement. De Virimi Vakatawa d'abord, (6e minute), d'Alivereti Raka ensuite (32e). Impeccable au pied, le Toulousain Romain Ntamack s'occupait du reste (3 pénalités et 2 transformations).

Les Français marqueront bien deux autres essais. Mais l'arbitrage vidéo a vu sur le premier un en-avant de passe de Sébastien Vahaamahina à Charles Ollivon et encore un en-avant de Maxime Médard sur le deuxième. Les Tonga ont donc perdu en inscrivant davantage d'essais que le XV de France. Trois en tout. Le premier de Takula juste avant la pause, le deuxième de Hingano juste après la pause, et le troisième de Kapeli juste avant le coup de sifflet final. 

L'homme du match : Alivereti Raka

Le Raka que l'on connaît sur les terrains de Top 14 ou de Champions Cup continue de prendre ses aises en équipe de France. Pour sa quatrième sélection chez les Bleus, l'ailier de Clermont a enchaîné les coups d'éclat face aux Tonga. Sur son premier ballon, c'est lui qui élimine trois défenseurs pour envoyer son coéquipier Virimi Vakatawa à l'essai dès la 6e minute. A la demi-heure de jeu, rebelote : il s'offre un essai (son troisième en quatre sélections) en tapant un coup de pied à suivre pour lui-même avant d'aplatir dans l'en-but.

Le geste du match : les fautes de main

A part ça, les Bleus ont encore fait preuve de maladresses et d'égarements. On a compté 22 pertes de balle, dont 14 fautes de main. Et encore, on en a peut-être oublié. "Dur de jouer au rugby avec des éponges à la place des mains", écrit par exemple Maeto dans les commentaires de notre live. Sur Twitter aussi, on s'est arraché les cheveux. 

Un début d'explications peut-être : le taux d'humidité qui complique les prises de balle. Reste que les Tongiens ont semblé moins gênés...  

L'image du match : le "Sipi Tau" des Tongiens

C'était avant le coup d'envoi, juste après La Marseillaise. Le XV tongien s'est placé au centre de la pelouse pour réaliser son traditionnel "Sipi tau", mené par le demi-de-mêlée Sonatane Takulua. Il s'est conclu sur des applaudissements très fournis. 

Voici les paroles : "Je vais parler au monde entier. L’aigle de mer est mort de faim. Que l’étranger et le visiteur soient avertis. Aujourd’hui, partout, je suis le démolisseur d’âmes. Des demis jusqu’aux arrières, je ne suis plus un être humain. La victoire ou la mort, voilà ma volonté. Pour le Tonga, je donnerai tout."

Le baromètre des prochains jours : temps calme avant l'Angleterre

Le XV de France voulait faire le plein de confiance avant de retrouver les gros bras anglais, samedi 12 octobre, pour "la finale" de la poule C. C'est raté : les Bleus se déplaceront sur la pelouse de Yokohama avec leur lot d'incertitudes. La rencontre face au XV de la Rose, également déjà qualifié, aura pour enjeu la première place du groupe.

Et pour la suite, c'est le pays de Galles ou l'Australie qui devraient se dresser sur la route des Français en quarts de finale, dans deux semaines, à Oïta. Là encore, les Bleus devront avoir chassé les doutes avant d'espérer pouvoir faire face.