Décollage de Thomas Pesquet vers l'ISS : derrière ces images il y a "des enjeux commerciaux majeurs", souligne le président du CNES

écouter (8min)

Les images de l’astronaute français Thomas Pesquet quittant la Terre vendredi pour rejoindre la Station spatiale internationale (ISS) font rêver. Mais elles  cachent une terrible bataille économique sur fond de conquête de l’espace.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Philippe Baptiste, nouveau président du Centre national d'études spatiales (CNES), invité éco de franceinfo vendredi 23 avril. (RADIO FRANCE)

Le Français Thomas Pesquet s'est envolé vendredi 23 avril pour la Station spatiale internationale (ISS) en compagnie de trois autres astronautes. La mission Alpha va passer six mois en orbite. Derrière ces images, il y a des enjeux commerciaux "majeurs", souligne Philippe Baptiste, nouveau président du Centre national d’études spatiales (CNES) invité éco de franceinfo.

L'Europe derrière les États-Unis et la Chine sur la question financement

"L’ISS a une dimension plus qu’européenne, elle est internationale, même si les États-Unis la financent largement, indique Philippe Baptiste. L'Europe n'est pas en première ligne question financement de la conquête spatiale. La comptabilité est complexe, car il faut "intégrer à la fois la dimension militaire, privée, publique", liste Philippe Baptiste. Les plus gros financeurs sont les États-Unis : "entre 50 et 60 milliards de dollars annuels, la Chine à peu près autant, et l’Europe un peu plus de 10 milliards d’euros".

Mais le travail effectué par les astronautes lui, sert à tous. Thomas Pesquet est astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui est au cœur de ces programmes, explique Philippe Baptiste. Il va porter un certain nombre d’expériences", dont certaines permettront d'approfondir nos connaissances sur l'impact de l'espace sur le corps des astronautes.

Des expériences pour une mission qui va durer six mois, avec dans un coin de la tête des astronautes des objectifs lointains : le retour sur la Lune, la conquête de Mars. "Tout le charme de l’aventure spatiale, c'est qu’elle est multiple, affirme le directeur du CNES. Il y a évidemment des enjeux économiques absolument majeurs, mais c’est aussi l’homme qui se transcende et va au-delà de ses propres limites. Cela est toujours fascinant et derrière, évidemment, c’est la Lune, Mars, la conquête scientifique… mais les enjeux de business sont majeurs dans le monde du spatial".

Bataille de constellations satellitaires

"À côté" de l'ISS, il y a des constellations de satellites et une vraie bataille qui s'engagée entre entrepreneurs privés ces dernières années. Le patron d'Amazon Jeff Bezos envisage de créer sa propre constellation. Elon Musk, chef de Tesla mais surtout de Space X, l'entreprise privée qui a permis à Thomas Pesquet de rejoindre l'ISS vendredi 23 avril, a déjà envoyé 1 300 satellites autour de la Terre. "Musk aujourd’hui veut faire des constellations qui vont permettre de mettre de l'internet très haut débit partout et c’est probablement un enjeu clef, reconnait le directeur du CNES. Je crois profondément qu’à un moment ou un autre il faudra qu’on aille vers une constellation européenne. Et donc il faut mobiliser les acteurs publics et privés."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.