Décollage de Thomas Pesquet vers l'ISS : cinq choses à savoir sur le deuxième séjour de l'astronaute français dans l'espace

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min.
Le Français Thomas Pesquet, astronaute de l'Agence spatiale européenne, lors d'un entraînement, à Houston (Texas, Etats-Unis), le 19 juin 2020. (BILL STAFFORD / NASA / AFP)

Le Français doit notamment réaliser quatre sorties extra-véhiculaires et deviendra le commandant de la Station spatiale internationale pour la seconde partie de sa mission. Il décolle pour la station spatiale ce vendredi 23 avril.

Six mois pour la mission Alpha. Thomas Pesquet enfile à nouveau son scaphandre quatre ans et demi après son premier départ pour la Station spatiale internationale (ISS). Le Français de 43 ans décolle, vendredi 23 avril, en compagnie de trois autres voyageurs spatiaux. Franceinfo liste cinq choses à savoir sur le deuxième séjour de Thomas Pesquet à 408 km au-dessus de nos têtes.

1Il sera le commandant de l'ISS pour la seconde partie de sa mission

Thomas Pesquet sera promu commandant de la Station spatiale pour la seconde partie de sa mission, a annoncé l'Agence spatiale européenne (ESA), en mars, lors d'une conférence de presse. "J'ai la chance d'être le premier Français aux commandes d'un véhicule spatial. C'est grâce à l'histoire, à la place de la France et de l'Europe dans les vols habités, c'est une reconnaissance pour tout le monde", s'est félicité l'ancien pilote de ligne.

"C'est comme un bateau, il y a un seul maître à bord après Dieu", a commenté le Français. "Evidemment, il y a beaucoup de choses qui se décident au centre de contrôle au sol", a-t-il rappelé. Et "les gens qui travaillent au sol prennent beaucoup de décisions à l’avance. Mais s’il y a une voix dans l’équipage qui compte, c’est celle du commandant", a-t-il souligné. C'est notamment lui qui supervise les manœuvres en cas d'urgence.

"Quand ça va mal et qu'il faut réagir vite, c'est le commandant qui décide, qui assigne un peu les tâches, par exemple si on doit faire face à un départ de feu ou une dépressurisation."

Thomas Pesquet

lors d'une conférence de presse

Le Français a toutefois insisté sur les connaissances et les compétences des membres à bord de l'ISS. "Evidemment tout le monde est compétent. Il n’y a pas besoin de dire aux gens quoi faire dans un équipage d’astronautes, mais il y a quand même cette dernière couche de prise de décision qui revient au commandant de la station", a-t-il relevé.

2Il doit réaliser quatre sorties dans l'espace

Le séjour de Thomas Pesquet sera marqué par quatre sorties extra-véhiculaires, autrement dit dans l'espace, hors de l'ISS. Principal objectif : installer de nouveaux panneaux solaires. "On a besoin d'un peu plus d'électricité. On a 76-80 kW à peu près, et on voudrait un petit peu plus", a détaillé l'astronaute. Ces panneaux déroulants se logent dans de grands tubes "d'environ 350 kg". "Ce sont vraiment des sorties un peu ambitieuses", a commenté Thomas Pesquet, précisant qu'elles auront lieu "tout au bout de la station"

Lors de son premier séjour à bord de la Station spatiale internationale, Thomas Pesquet a déjà réalisé des sorties. Mais pour être au point, se remettre à niveau, il a dû suivre de nouveaux entraînements. Il a accepté de commenter pour "Envoyé spécial" des images de ses centaines d’heures d'entraînement en piscine avec scaphandre.

Equipés d'une "visseuse-dévisseuse spatiale" et de gants pressurisés, les astronautes s'entraînent à toutes sortes d'opérations de maintenance lors de leur préparation. "C'est pas facile, c'est un peu comme essayer de jouer du piano avec des gants de boxe", a raconté Thomas Pesquet. Pas de quoi entamer l'entrain du Français pour les quatre sorties au programme : "Ça va être assez excitant."

3Il est le premier Européen à bord d'un Crew Dragon

Thomas Pesquet sera le premier astronaute européen à prendre place à bord du Crew Dragon, construit par l'entreprise américaine SpaceX. Ce vaisseau est très récent : son premier vol habité date de mai 2020. Pour l'instant, il n’a transporté que deux équipages. Mais le Français se montre confiant. "Je suis plutôt optimiste. Dans ce métier, si tu te concentres sur les choses qui peuvent mal se passer, tu as tendance à ne pas très bien dormir la nuit", a-t-il déclaré.

Le spationaute doit partir pour l'ISS avec trois partenaires d'expédition : le Japonais Akihiko Hoshide et les Américains Megan McArthur et Shane Kimbrough. Les deux astronautes américains seront aux commandes de la capsule. Thomas Pesquet et Akihiko Hoshide s'installeront sur les côtés en tant que mission specialists.

"Dès que ça se passe mal, cela va être à nous de jouer. Si tout se passe bien, nous ne sommes a priori pas extrêmement impliqués dans la conduite du vol."

Thomas Pesquet

en conférence de presse

"C’est un véhicule américain, c’est la Nasa qui décide", a rappelé Thomas Pesquet. Avant de nuancer : "Evidemment, nous faisons tout en coordination avec l’équipage. Il n’y a pas de décision qui se prenne sans que les quatre soient impliqués."

4Il mènera une centaine d'expériences

Le programme de Thomas Pesquet va être chargé pendant ses six mois à bord de l'ISS. Le Français doit réaliser une centaine d'expériences. Douze d'entre elles ont été conçues par le Centre d'aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (Cadmos), qui se trouve à Toulouse. Ces expériences seront réalisées dans le module européen Colombus et visent, entre autres, la préparation de missions spatiales longue durée.

Dans le viseur : la planète rouge. "Le but ultime, du moins à notre portée pour les cent prochaines années, c'est Mars, parce que c'est la sœur jumelle de la Terre, parce qu'elle a une histoire très similaire, parce qu'elle a eu de l'eau liquide", a confié Thomas Pesquet à "Envoyé spécial", sur France 2.

Envoyé spécial. La mission Alpha expliquée par Thomas Pesquet

Interrogé sur une expérience qui lui tient particulièrement à cœur, Thomas Pesquet a évoqué celle impliquant des "mini-cerveaux, des cellules souches de cerveau (...) dans une boîte de Petri". Il s'agit d'étudier le vieillissement de ces cellules souches pour mieux comprendre des pathologies comme la maladie d'Alzheimer.

Thomas Pesquet va également travailler pour une étude, baptisée "Dreams", qui s'intéresse au sommeil des voyageurs spatiaux. Rachel Debs, neurologue au CHU de Toulouse, explique à franceinfo que l'on va "pouvoir monitorer le sommeil dont on sait qu'il est perturbé dans l'espace car il ne va pas avoir l'alternance jour-nuit sur 24 heures". En effet, à bord de l'ISS, l'humain "voit le soleil se lever et se coucher 16 fois par jour, ce n'est pas du tout le rythme normal pour l'organisme et donc le sommeil est perturbé pour les astronautes", poursuit la spécialiste.

5Il emmènera un blob

Thomas Pesquet sera également accompagné d'un blob, un organisme ni animal, ni plante, ni champignon. Ce blob sera mis en culture à bord de la Station spatiale internationale, sous l'œil de l'astronaute français.

Le blob, un mystère de la nature
FRANCEINFO

Composé d'une unique cellule, le "physarum polycephalum" est une espèce vivante à part. Elle ne possède ni bouche ni cerveau, mais se déplace, mange et possède d'étonnantes capacités d'apprentissage. Plusieurs spécimens seront accueillis à bord de l'ISS. Le but est de voir "si le blob se comporte différemment dans l'espace", et d'étudier "les effets de la micropesanteur et des rayonnements sur son évolution", a précisé le Cnes.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.