L'interview J-1, France info

Mobilisation contre l'accord UE-Mercosur : "On dénonce l'incohérence politique" indique Jérémy Decercle, président des Jeunes agriculteurs

Jérémy Decercle, le président des Jeunes agriculteurs, était l'invité de "L'Interview J- 1" mercredi, à la veille d'une rencontre entre Emmanuel Macron et 1 000 agriculteurs 

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Le président des Jeunes agriculteurs (JA) et éleveur en Saône-et-Loire, Jérémy Decercle, était l'invité de L'Interview J-1, mercredi 21 février, sur franceinfo, à la veille de l'accueil de 1 000 agriculteurs à l'Élysée et trois jours avant l'ouverture du Salon de l'agriculture à Paris. 

Qu'allez-vous dire à Emmanuel Macron demain ?

On va essayer de lui faire comprendre l'incertitude que traverse le monde agricole aujourd'hui et le besoin de perspectives, notamment des jeunes agriculteurs. Les jeunes qui se lancent dans ce métier-là ont besoin d'un peu plus de lisibilité et de savoir où se trouve la cohérence politique dans les choix du gouvernement, et donc du président.

Depuis ce matin, quelque 20 000 agriculteurs sont mobilisés, dans près de 90 départements français, à l'appel de la FNSEA et des JA, contre l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay), dont les négociations ont repris ce mercredi. Que dénoncez-vous ?

Ce qu'on voulait dénoncer c'est l'incohérence politique. On veut faire comprendre qu'avec ces accords de libre-échange qui risquent d'être signés, on ouvre la porte à des produits alimentaires de ces pays-là qui ne répondent pas aux attentes sociétales française, mais aussi européennes. Les conditions de production des animaux ou des céréales là-bas ne sont pas identiques aux nôtres et ne respectent pas les mêmes règlementations (...) On sort des États généraux de l'alimentation, ce qui a été finalement plutôt une bonne chose, où il y a eu un certain nombre de choses positives pour l'agriculture, mais aussi pour les consommateurs pour définir quelle alimentation nous souhaitions demain, et à côté, on va prendre le risque de faire venir des produits alimentaires qui ne sont pas en phase avec les conclusions des États généraux de l'alimentation !

Vous dites que les jeunes agriculteurs ont besoin de certitudes ? Qu'entendez-vous par là ?

Un besoin de sentir de la considération. On dit souvent qu'un agriculteur a besoin d'autant de considération que de revenus. Il se trouve qu'en ce moment, nous n'avons pas le revenu (...) et nous n'avons pas non plus la considération. 

Concernant les revenus, le nerf de la guerre c'est la négociation sur les prix avec la distribution... 

Il faut qu'il y ait un élan de compréhension et de volonté de tous les maillons des différentes filières pour dire : on s'est mis autour de la table des États-généraux de l'alimentation, maintenant on fait avancer les choses. Ce n'est pas possible dans ce pays de continuer comme ça. 

Qui ne joue pas le jeu ? 

Les distributeurs et les transformateurs. Encore une fois, parce qu'ils se trouvent dans un mécanisme et dans des boxes de négociation où nous n'avons pas forcément la possibilité de rentrer aujourd'hui. C'est comme cela que ça se passe. Ils font la pluie et le beau temps. Je ne suis pas là pour dénoncer celui qui joue ou celui qui ne joue pas le jeu. [Ils] ne prouvent pas la bonne volonté qu'ils avaient plutôt mise en avant pendant les États généraux de l'alimentation. C'est très énervant pour la profession agricole. C'est un manque de respect.