Un chef-d’œuvre de la Renaissance italienne découvert chez une britannique atteinte d’Alzheimer vendue 300 000 euros aux enchères

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Le tableau, représentant une Vierge à l’enfant, est l’œuvre de Filippino Lippi, disciple de Sandro Botticelli. Il était accroché dans la chambre de cette dame sans que personne n’en ai mesuré la valeur.

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Vierge à l'enfant, tableau de Filippino Lippi sur le compte Twitter de Dawsons Auctioneers. (CAPTURE D'ÉCRAN)

C’est ce qu’on appelle un chef-d’œuvre. Pourtant, ce tableau représentant une Vierge à l’enfant était accroché, non pas dans un musée, mais dans la chambre à coucher d’une dame qui vit depuis un an loin de chez elle, dans une maison de retraite en Angleterre. Ses petits-enfants l’ont placée parce que la maladie d’Alzheimer lui a progressivement enlevé toute autonomie. 

À 90 ans, veuve, elle ne pouvait plus vivre seule, et surtout plus vivre sans aide médicalisée. Elle est donc partie, abandonnant son logement et son tableau. Sauf qu’au bout d’un an, les difficultés ont commencé à s’accumuler pour la famille, les frais médicaux se sont avérés de plus en plus élevés. Décision fût prise, alors, de vendre la maison et le mobilier allant avec.

Une experte est venue, au premier abord, dans l’entrée, le salon, la cuisine. Elle n’a remarqué que des babioles. Et puis, elle est entrée dans la chambre : le tableau l’a "saisie", comme elle le raconte dans un compte rendu pour la maison d'enchères Dawsons. Accroché au-dessus de la tête de lit, une huile sur toile de la renaissance italienne, une madone aux traits particulièrement délicats tenant dans ses bras un enfant entouré d’anges. Un chef d’œuvre, donc, immédiatement expertisé. Verdict : c’est bien un tableau du XVIe siècle, peint par Filippino Lippi, élève du maître Sandro Botticelli, et auteur de fresques classées, notamment dans l’une villa des Médicis et une autre dans une chapelle à Rome.

300 000 euros qui serviront à payer sa prise en charge médicale

Le tableau appartenait à son père, qui le tenait lui-même de ses aïeux, et qui l’a emporté avec lui lorsqu’il a quitté son Italie natale pour émigrer en Angleterre au début du siècle dernier. La dame en a hérité, sans en faire grand cas, et l’a placé dans sa chambre pour s’endormir sous l’œil des anges et avoir encore un peu de son père avec elle dans la pièce la plus personnelle de sa maison.

Aux enchères, chez Dawsons à Londres, le tableau a dépassé tous les pronostics et a été vendu 300 000 euros. Une somme que la famille de cette dame va donc utiliser pour lui offrir la meilleure prise en charge médicale possible, une infirmière personnelle et, bien sûr, une chambre à elle. De quoi donner un autre sens, une autre mission à ce tableau, qui très certainement pour elle n’avait pas de prix.

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