Sécheresse : qui est Edwina von Gal, cette paysagiste américaine qui veut mettre fin au mythe de la pelouse parfaite ?

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Cela fait 40 ans qu’elle dessine des jardins en plantant tout, sauf du gazon. Edwina von Gal plaide en effet pour la diversité, suggérant de semer du des variétés diverses plutôt que des monocultures.

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Radio France
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Un homme passe la tondeuse sur sa pelouse devant sa maison à  Atlanta (États-Unis). (MAXPPP)

Au pays de la maison individuelle avec jardin, le gazon parfaitement coupé, bien vert, trônant devant tous les pavillons est une institution. Mais pour la paysagiste américaine Edwina Von Gal, c’est surtout une chimère à laquelle il est temps de renoncer. Cela fait plus de quarante ans qu’elle conçoit des jardins, elle a fait ceux, par exemple, de l’architecte Frank Gehry et du styliste Calvin Klein, des espaces imaginés pour correspondre à leur région. C’est-à-dire avec le plus possible de plantes locales, habituées au climat local, et donc très peu de gazon.

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Les gazons sont des monocultures fragiles qui demandent beaucoup d’eau, de pesticides, de fertilisants, "un cycle de dépendance infernale", dit-elle au New York Times. Cela fait des années qu’elle l’explique dans l’indifférence totale, mais au terme d’une sécheresse aussi intense aux États-Unis que chez nous, son propos commence enfin à intéresser. Du New York Times au podcast de l'actrice Gwyneth Paltrow, elle est invitée un peu partout pour expliquer pourquoi tous les gazons (sauf ceux de Sylvester Stallone et de Kim Kardashian) grillent. Des interviews où elle donne aussi des solutions. Car il y en a, sans fertilisants, sans pesticides, sans dépenses faramineuses, et sans tuyau d’arrosage.

Des cactus et du trèfle plutôt que du gazon

Edwina von Gal plaide pour le mélange, pour des tapis de trèfles et de pissenlits, ces herbes classées comme mauvaises, généralement noyées sous des litres de Roundup, toujours autorisé aux États-Unis, mais dont les racines vont puiser bien plus profond que le gazon et supportent mieux le manque d’eau. La clé contre la sécheresse, c’est le mélange d’espèces, et ça passe par exemple dans les régions sèches par planter de la sauge, du romarin, des cactus, des variétés de pavot, essayer de trouver ce qui correspond à la région et que le règne du gazon-roi a éclipsé.

Et sa vision prend. Sur Instagram et Tiktok, les images de pelouses de trèfle se multiplient, notamment via des vidéos avant/après, les "après" étant assez féériques, pleins de papillons, de bourdons, d’oiseaux. "C’est beau, vivant, c’est économique, et surtout ça ne demande pas d’attendre une élection ou une loi, chacun peut s’y mettre tout de suite, juste devant sa porte."

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