"Love is in the Bin" : l’œuvre de Banksy qui devait dénoncer la marchandisation de l’art à nouveau mise aux enchères

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La vente est prévue le 14 octobre à Londres, chez Sotheby’s qui prévoit de multiplier le prix du tableau par six. L'oeuvre a pris de la valeur après sa tentative d’autodestruction organisée par Banksy lui-même lors d’une précédente vente en 2018.

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"Love Is in the Bin", l'œuvre du street-artiste Banksy qui s'est autodétruite, le 12 octobre 2018, à Londres. (BEN STANSALL / AFP)

C’est une œuvre qui aurait dû périr, plus précisément s’autodétruire. En tout cas, c’est ce à quoi son créateur l’avait destinée. Ce créateur, c’est l’artiste britannique Banksy, graffeur, roi anonyme des pochoirs, ces peintures faites à la bombe sur les murs des villes et porteuses de messages antimilitaristes, anticapitalistes, pour l’abolition des frontières, dénonçant la société de consommation ou encore la surveillance de masse. Des œuvres accessibles à tous les yeux, gratuitement.

Mais voilà, en vingt ans de peintures murales, Banksy est devenu une icône, un maitre dont certains veulent les pochoirs pour eux, pour leur salon, et à tout prix. Alors il y a ceux qui découpent les supports sur lesquels ils sont peints, et puis il y a quelques œuvres qui se sont retrouvées mises aux enchères. Parfois par Banksy lui-même pour récolter des fonds, par exemple pour financer un bateau de sauvetage de migrants en Méditerranée, pour les soignants en pleine épidémie de Covid ou pour aider à construire un hôpital pour enfants en Cisjordanie.

La semi-destruction de l'œuvre constitue le happening artistique le plus spectaculaire du XXIe siècle, dans la droite ligne du mouvement dadaïste et de Marcel Duchamp.

La maison des enchères Sotheby's London

dans un communiqué

En 2018, l’une de ses toiles, La Petite Fille au ballon (Love is in the Bin en anglais), s’est retrouvée en vente chez Sotheby’s à Londres et ce qui lui est arrivé a fait la Une des journaux. Les enchères étaient en train de monter lorsque la toile a soudain glissé vers le bas, passant à travers le cadre et ressortant en lambeaux, broyée par une déchiqueteuse cachée dans la bordure. Panique dans la salle des ventes, puis le mécanisme se bloque et l’œuvre se retrouve figée, à moitié lacérée, ne laissant dans le cadre que le haut du tableau, avec le ballon qui s’envole. Rapidement, Banksy avait revendiqué l’acte, pour dénoncer la marchandisation de l’art et créer un choc. Sauf que le scandale n’a fait qu’accentuer la frénésie.

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Trois ans plus tard, la propriétaire du tableau qui l’avait emporté pour un million de livres le remet en vente, espérant multiplier son prix par six, ou sept, ou beaucoup plus. Ce sera le 14 octobre, à Londres. En attendant, le combat de Banksy n’a pas changé : défendre l’art pour tous et non pas pour quelques-uns, parce que tout ne devrait pas s’acheter. Message qui, disons-le, n’est plus vraiment audible, enseveli qu’il est sous les chiffres astronomiques donnés par les maisons des enchères, et c’est peut-être là, et non dans ses lambeaux, que se trouve finalement la vraie destruction du tableau.

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