À 97 ans, Madeleine Riffaud reçoit un prix pour la BD qui raconte son engagement dans la Résistance

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Le prix Goscinny remis mardi vient récompenser "Madeleine Résistante : la rose dégoupillée", le tome 1 du récit en bande dessinée de la vie de Madeleine Riffaud.

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 Madeleine Riffaud, résistante, à son domicile parisien, le 16 août 2021. (AFP)

La bande dessinée s’appelle Madeleine résistante : la rose dégoupillée, publiée aux éditions Aire Libre. Et ses auteurs, Jean-David Morvand et la principale intéressée, Madeleine Riffaud, ont reçu mardi 23 novembre le prix Goscinny des meilleurs scénaristes de l’année, un prix remis dans le cadre du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Le scénario récompensé, c’est la vie de Madeleine Riffaud, entrée en résistance en 1941 à 17 ans. L’ouvrage raconte notamment l’évènement déclencheur, qui n’est ni un énième discours de Pétain à la radio, ni ce bombardement auquel elle échappe de justesse, mais une scène de harcèlement par des soldats Allemands alors qu’elle se trouve à Amiens, dans la Somme. L’un lui soulève sa jupe, l’autre essaye de l’empoigner, lorsque leur officier arrive et lui flanque, à elle, un violent coup de pied qui la projette par terre. L’humiliation lui est insupportable et la décide à chercher un réseau de résistance.

C’est cette quête que raconte la bande-dessinée : comment elle est entré dans les FTP, ses missions d’agent de liaison, de recruteuse, ou d’organisation d’actions pour le soulèvement parisien. La suite, qui sera publiée dans le tome 2, c’est ce jour de juillet 1944 où elle abat, sur ordre de sa section, un officier nazi de deux balles dans la tête. Arrêtée, torturée par la Gestapo puis par la police française, condamnée à mort, promise à la déportation avant de parvenir à s’échapper, la jeunesse de Madeleine Riffaud est un hymne à l’insoumission. Et ça continue les années suivantes : au Vietnam, elle était aux côtés d’Ho Chi Minh, en Algérie elle a soutenu les partisans de l’indépendance. Après quoi, elle est rentrée et s’est effacée.

"Je n'en reviens pas, voilà que Jean-David et moi avons été primés par le Prix Goscinny, (…) Qui aurait cru que je vivrais ça maintenant!"

Madeleine Riffaud, résistante et lauréate du prix Goscinny

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En 1994, Raymond Aubrac la convainc de parler de son engagement, pour tous les fusillés, les déportés, pour qu’on ne les oublie pas. Madeleine Riffaud devient alors passeuse de mémoire, dans les écoles, en livre, en documentaire, en exposition et donc en BD. Elle qui a pourtant déjà la Croix de guerre, la Légion d’honneur et l'ordre du Mérite est ravie de recevoir ce prix Goscinny 2022 : "Je suis contente, écrit-elle sur Facebook, parce que ça va emmerder un peu plus les fachos qui s’amusent à écrire des slogans nazis sur les murs de mon exposition aux Buttes-Chaumont (…) Et une pensée à Lucie et Raymond Aubrac, qui m'ont poussée à témoigner à une époque où je croyais que je n'en avais plus rien à foutre. Cette BD, c'est la continuité du travail qu'ils m'ont demandé d'accomplir et qui me tient en vie." commente Madeleine Riffaud.

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