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EDITO. Petit-neveu de Brigitte Macron agressé : vraie émotion ou larmes de crocodile dans la classe politique ?

L’agression qui a visé lundi soir à Amiens le petit-neveu de Brigitte Macron a suscité hier une vague d’indignation… L'édito politique de Renaud Dély.
Article rédigé par franceinfo, Renaud Dély
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Brigitte et Emmanuel Macron, en mai 2023, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). (BENOIT TESSIER / POOL)

Dans la majorité comme dans l’opposition, le monde politique unanime, ou presque, a dénoncé cet acte ignoble : un véritable lynchage qui a visé Jean-Baptiste Trogneux, le petit-neveu de Brigitte Macron. Il a été roué de coups par 8 personnes devant la boutique familiale, une chocolaterie dans le centre-ville d'Amiens, dont il est propriétaire. Et pourquoi ? Tout simplement parce que ce trentenaire appartient à la famille d’Emmanuel Macron. C’est d’ailleurs pour ça que plusieurs dizaines de personnes avaient jugé bon manifester devant la chocolaterie à l’issue de l’intervention télévisée du chef de l’Etat. On touche là au tréfonds de la bêtise humaine. Agresser quelqu’un en raison d’un lien de parenté, difficile de trouver plus stupide. 

>> Emmanuel Macron dénonce des actions "inacceptables" et "inqualifiables", après l'agression d'un petit-neveu de son épouse Brigitte

La faute aux agresseurs bien sûr, mais pas seulement : cet acte illustre un peu plus la dangereuse dégradation du débat public. Depuis la crise des "gilets jaunes", on s’est habitué à voir des permanences vandalisées ou des élus pourchassés. En l’occurrence, des élus macronistes. Cette violence a souvent été minimisée ou relativisée, y compris par le traitement médiatique. Dans ce climat incandescent, Emmanuel Macron est devenu une cible, victime d’une haine démesurée.

Un zeste de "compassion"

Et parmi les politiques qui ont fait part de leur indignation, il y avait aussi quelques larmes de crocodile. Quand un député Insoumis pose fièrement avec le pied sur un ballon de foot décoré du visage du ministre du Travail, Olivier Dussopt, ou quand un autre menace de faire subir à Emmanuel Macron le sort de Louis XVI, il ne faut pas s’étonner que la violence déborde dans la rue. Dans les récents cortèges, on a parfois brûlé l’effigie d’Emmanuel Macron ou roué de coups sa marionnette. 

L'influence de certains politiques est en cause. Bien sûr. À ce titre, la réaction de Jean-Luc Mélenchon est significative. Il a exprimé un zeste de "compassion", du bout des lèvres, pour la famille Trogneux, et surtout une bonne dose d’indignation parce que selon lui, personne ne dit rien quand ce sont des Insoumis qui sont victimes de "tentatives de meurtre". Alors, il n’est bien sur coupable de rien et peut jouer les Ponce Pilate à son gré. Mais on dit que l’exemple vient d’en haut et quand le climat du débat démocratique est dégradé à ce point, vouloir continuer de "tout conflictualiser" comme le dit le chef des Insoumis, c’est montrer le mauvais exemple.

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