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Réforme des retraites : vive polémique autour d'une photo du député LFI Thomas Portes foulant un ballon à l'effigie d'Olivier Dussopt

Dans sa publication sur Twitter, le député de Seine-Saint-Denis se présente souriant dans la rue, le pied sur un ballon de football à l'effigie du ministre. L'affaire a provoqué son exclusion temporaire de l'Assemblée.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
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Un tweet du député La France insoumise le montrant en train de fouler du pied un ballon portant l'image du ministre du Travail Olivier Dussopt, accompagné d'un message l'appelant à retirer le projet de réforme des retraites, publié le 9 février 2023. (PORTES_THOMAS / TWITTER)

L'Insoumis se met en scène, le pied sur un ballon à l'effigie du ministre du Travail. Le député LFI Thomas Portes a été vivement critiqué par une série d'élus du camp présidentiel comme de l'opposition, jeudi 9 février, pour un tweet contre Olivier Dussopt. Dans sa publication, le député de Seine-Saint-Denis, doudoune rouge et écharpe tricolore, se présente souriant dans la rue, le pied sur un ballon de football à l'effigie du ministre. "Monsieur le ministre Olivier Dussopt, retirez votre réforme des retraites", écrit-il.

Le message a enflammé l'hémicycle, vendredi après-midi, quand Thomas Portes s'est présenté au micro pour défendre un amendement et a répondu aux exclamations des bancs de la majorité : "Calmez-vous collègues, il n'y a pas de ballon ici". Le député a été convoqué par le bureau après avoir refusé de s'excuser.

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"L'hémicycle vous demande des excuses", lance la présidente de l'Assemblée nationale au député LFI Thomas Portes - ()

Des propos qui ont provoqué une bronca. "Je crois que l'hémicycle vous demande des excuses", a réagi la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet. Plusieurs députés de la majorité et de LR se sont succédé au micro pour demander le retrait de son tweet et condamner le message, qualifié d'"appel au meurtre" par Eric Woerth.

Face à ses critiques, Thomas Portes s'est d'abord refusé à réagir, demandant à "défendre [son] amendement". "Je retirerai mon tweet le jour où vous retirerez cette réforme qui va sacrifier des millions de gens", a-t-il finalement lancé après deux suspensions de séance. "Si des gens l'ont mal vécu ou mal interprété, je le regrette", a-t-il plus tard ajouté. "Il n'y avait pas d'appel à la violence. Ce tweet a été instrumentalisé et utilisé par certains. Je n'appellerai jamais à la violence."

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Réforme des retraites: le député LFI Thomas Portes refuse de retirer son tweet - ()

Après de nouveaux échanges houleux, la présidente de l'Assemblée nationale a annoncé la réunion du bureau de l'institution et convoqué le député. Un peu plus tard dans la soirée, Yaël Braun-Pivet a invité les députés à se prononcer sur l'exclusion de l'insoumis : ils ont voté en faveur de son renvoi temporaire pour une durée de 15 jours. Il s'agit de la sanction disciplinaire la plus sévère pour les députés.

Des réactions dès jeudi

Vendredi matin, Olivier Dussopt avait fait allusion à cette photo en séance. "Vous aussi, vous voulez ma tête ? Vous aussi, vous voulez continuer dans la violence ?", s'était-il emporté après avoir été interrompu, dans une déclaration, par un autre élu de LFI.

L'image avait suscité une série de critiques dans la classe politique dès jeudi, dont celles de plusieurs ministres. "Ce n'est pas de la démocratie, c'est de l'ignominie", avait lancé le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, qui participait à l'examen d'un texte jeudi soir dans l'hémicycle, en présence de Thomas Portes. "L'écharpe tricolore n'est pas un costume de théâtre. Votre mise en scène la déshonore", avait fustigé sur Twitter la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet.

Dans l'opposition, la présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée, Marine Le Pen, a dénoncé un "comportement indigne", un "appel à la haine et à la violence qui n'a pas sa place dans notre République". Des élus de gauche ont également critiqué cette image : "Stop à toute violence, même symbolique. D'où qu'elle vienne, contre qui que ce soit", a réagi le député socialiste Guillaume Garot.

Interrogé sur BFMTV jeudi soir, le leader LFI Jean-Luc Mélenchon avait jugé les critiques "grotesques" : "Vous êtes en train de relayer la propagande d'Aurore Bergé et du groupe Renaissance, pour faire croire que c'est un acte de violence", a-t-il dit aux journalistes. "Il y a des jeux de chamboule-tout toutes les semaines dans notre pays."

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