Édito
Grève à la SNCF : se dirige-t-on vers une avalanche de mouvements sociaux à l'approche des JO ?

De fortes perturbations sont à prévoir de vendredi à dimanche à la SNCF en raison du mouvement de grève des contrôleurs. D’autres revendications au sein du secteur public risquent d'apparaître à l'approche des Jeux olympiques.
Article rédigé par Renaud Dély
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
De fortes perturbations sont à prévoir de vendredi 16 à dimanche 18 février, avec un train sur deux en circulation sur les lignes de TGV et Intercités, selon la SNCF (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le trafic SNCF sera donc très perturbé durant le week-end du 17 et 18 février, un mouvement de grève des contrôleurs qui inquiète particulièrement le gouvernement. Au-delà de cette fin de semaine où la circulation des TGV promet d’être chaotique en pleines vacances scolaires, l’exécutif a une interrogation en tête : cette grève des contrôleurs est-elle un simple coup de semonce, circonscrit à la SNCF ? Ou le coup d’envoi d’une fin d’hiver et d’un printemps social ?

À défaut de neige sur les pistes de ski, le gouvernement redoute une avalanche de mouvements sociaux. Sur fond de tensions sur le pouvoir d’achat et de revendications salariales accrues. Une crainte alimentée par la perspective des JO. Alors non, la grève n’est pas une nouvelle épreuve olympique an programme de Paris 2024… Mais ce rendez-vous planétaire pourrait attiser d’autres revendications au sein du secteur public. En particulier dans les transports. Rappelons qu’à la RATP, la CGT, plutôt prévoyante, a déposé un préavis de grève qui a débuté le 5 février et court jusqu’au … 7 septembre. Une menace qui permet aux agents de se couvrir s’ils cessent le travail. 
 

La crainte de voir ces mouvements faire tache d'huile

Un autre mouvement menace de redémarrer, celui des agriculteurs. Ils remettent la pression à l’approche du Salon de l’agriculture. Le gouvernement redoute que leur colère fasse école. Ils ont déjà obtenu beaucoup et réclament que les engagements pris se concrétisent plus vite. L’exécutif
n’a d’autre choix que de les cajoler. Emmanuel Macron a commencé de recevoir les syndicats agricoles mercredi, Gabriel Attal ne les quitte plus depuis des semaines. Ce traitement de faveur pourrait bien ouvrir des appétits revendicatifs au sein d’autres corporations. D’où la réaction de Gabriel Attal mercredi à propos de la grève à la SNCF. "La grève est un droit" mais "travailler est un devoir" a asséné le Premier ministre en se voulant porte-parole des "Français".

Un procédé rhétorique classique pour faire entendre la voix du "bon sens" pour reprendre une expression chère à Emmanuel Macron. Gabriel Attal a déploré "une forme d’habitude" selon laquelle "à chaque vacances qui arrivent", il y a "l’annonce d’un mouvement de grève" à la SNCF. Indulgent, très indulgent avec les agriculteurs, le Premier ministre ne l’est pas avec les cheminots. Avec le calcul que, si le mouvement des paysans reste très populaire, le blocage des trains, lui, fâche l’opinion. Pas sur pour autant qu’il renforce la popularité de l’exécutif.  

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