EDITO. Condamné, Nicolas Sarkozy s'imagine encore au cœur du jeu politique

Il se défend, comme toujours. Nicolas Sarkozy, dans "Le Figaro", clame encore et toujours son innocence après sa condamnation. Opération de communication récurrente.
Article rédigé par franceinfo, Jean-Rémi Baudot
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, le 16 mars 2023 (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Nicolas Sarkozy ou l’homme qui n’abandonne jamais. Côté judiciaire, il remonte au créneau, se pourvoit en cassation dans l’affaire des écoutes et dénonce dans Le Figaro le "combat politique" de "certains magistrats" à son égard. Il l’affirme, tout est faux, illégal, insensé.

Voilà pour cette condamnation. Mais Nicolas Sarkozy se fait aussi combattif sur d’autres affaires : le financement libyen, "le dossier est vide", martèle l’ancien chef de l’État. Résumé de sa posture sur les questions judiciaires : "Il n’est pas question de baisser les yeux."  

Un Nicolas Sarkozy combattif sur la justice et côté politique, il se voit encore au centre du jeu. L’ancien président, longtemps figure centrale et emblématique de la droite. Il distribue les bons points : sur la réforme des retraites qu’il juge "nécessaire", il explique qu’il ne regrette pas son choix de soutenir Emmanuel Macron. 

Sarkozy plaide toujours un rapprochement Macron-LR

Et Nicolas Sakorzy relance son idée d’union avec la droite : "Les Républicains manquent à Emmanuel Macron pour atteindre la majorité absolue, explique-t-il avant de poursuivre si Le président ne tend pas franchement la main à la droite et si de leur côté les Républicains demeurent sur leur quant-à-soi, ils ne risquent pas de se retrouver". Comme un petit air de déjà vu. 

Nicolas Sarkozy plaide toujours pour une alliance LR-Macron et on peut s’interroger sur le réalisme d’un tel projet. Sans remettre en doute le sens politique de Nicolas Sarkozy, l’épisode des retraites a montré que les LR n’étaient pas prêts à jouer le jeu. La majorité présidentielle a déjà payé pour voir.  

Si le scénario était peut-être envisageable il y a un an, qui peut réellement croire que la droite irait se mettre derrière Emmanuel Macron dans la période ? Par ailleurs, la droite est elle-même tellement en crise que l’injonction même de se regrouper semble peu réaliste.  

La droite et Nicolas Sarkozy, l'histoire d'un désamour

Vous avez vu les messages de soutien ces derniers jours, suite à la condamnation de l’ancien président ? Ils se comptent sur les doigts d’une main et sont principalement issus des sarkozystes historiques comme Nadine Morano ou des responsables faisant le service minimum, comme Olivier Marleix le patron du groupe LR à l’Assemblée. 

On a surtout remarqué le silence assourdissant de la jeune garde LR.  Est-ce le signe qu’une page est déjà tournée ? Que Nicolas Sarkozy n’a plus le poids qu’il avait à l’époque ? Si la réponse est oui, une bonne partie de l’interview du Figaro est donc pur l’affichage et les injonctions de l’ancien président, un vœu pieux…

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