Dans la peau de l'été : les navires de croisière

Tous les matins, Marie Dupin se glisse dans la peau de l’été, de ses symboles et de leur histoire.
Article rédigé par franceinfo, Marie Dupin
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 151 min
Le "Symphony of the Seas", construit au chantier naval STX France, quitte le port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 24 mars 2018.  (MAXPPP)

The icon of the seas larguera les amarres début 2024. La construction du plus grand modèle au monde de navire de croisière touche à sa fin. Avec ses sept piscines, neuf bains à remous, six toboggans, il mesure 365 mètres de long, soit plus que la hauteur de la tour Eiffel. Un géant des mers de plus après le Symphony of the seas, le Allure of the sea ou encore le Oasis of the seas qui mesurent tous plus de 360 mètres...

>>Icon of the seas un paquebot démesuré à la conquête des mers

Autant de paquebots de plus en plus grands et de plus en plus nombreux qui n’ont jamais autant eu le vent en poupe. En France, le nombre de croisiéristes a doublé en dix ans, passant de deux millions en 2009 à plus de quatre millions et demi chaque année. Au départ, l’industrie de la croisière avait été inventée pour recycler les bateaux de transport concurrencés par l’aviation dans les années 60, quand aujourd'hui, ces géants des mers deviennent des palaces flottants dédié aux loisirs plutôt qu'aux voyages.

Dans le viseur des ONG

Ces navires de croisières sont de le viseur des ONG, notamment à cause du fioul lourd, le principal carburant de ces bateaux, très néfaste pour l’air. Selon l’ONG Transport et environnement, le leader mondial du secteur, Carnival, émettrait à lui seul dix fois plus de dioxyde de souffre autour des côtes européennes que l’ensemble des 260 millions de voitures recensées sur le continent. Face aux nouvelles réglementations les armateurs ont donc promis de ne plus polluer l’air en installant des dispositifs de lavage des fumées avec de l’eau de mer, ça s’appelle des scrubbers.

>> Pourquoi les "scrubbers", ces filtres des paquebots de croisière, sont-ils dans le viseur des défenseurs de l'environnement à Marseille ?

Le problème, désormais, n'est plus dans l'air, mais dans la mer, puisque les tonnes d’eau utilisées sont directement rejetées avec des conséquences dramatiques pour les écosystèmes. C’est sur la justice que comptent les habitants des villes les plus polluées, comme à Marseille où les valeurs recommandées par l’organisation mondiale de la santé sont souvent dépassées.

Une plainte collective a donc récemment été déposée pour mise en danger d’autrui et préjudice écologique.

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