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"Icon of the Seas" : un paquebot démesuré à la conquête des mers

Le nouveau plus gros paquebot au monde accueillera ses premiers touristes en début d'année prochaine, non sans interroger sur son impact environnemental.
Article rédigé par Loïc Pialat
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Image de synthèse du paquebot "Icon of the Seas" de la compagnie Royal Caribbean, qui opérera à partir de janvier 2024. (CORTES?A / ROYAL CARIBBEAN)

C'est le plus grand paquebot de tous les temps, un véritable monstre des mers. Le Icon of the Seas ("l'icône des mers"), construit en Finlande pour le compte de la compagnie Royal Caribbean, vient de prendre la mer pour quelques tests, avant d'accueillir ses premiers passages l'an prochain. Et ses proportions sont tout simplement hors-normes. Le Icon of the Seas mesure 365 mètres de long, soit 35 mètres de plus que la Tour Eiffel à l’horizontale. Il pèse 250 000 tonnes et compte 20 étages. Bien loin, donc des Queen Mary et autres paquebots historiques. C'est encore plus grand que le Wonder of the Seas, jusque-là le plus grand navire au monde.

Ce nouveau bateau transportera 2 350 membres d’équipage et jusqu’à 7 000 passagers qui pourront profiter d’un parc aquatique avec des toboggans géants (incontournables sur les croisières aujourd’hui)  et sept piscines, dont la plus vaste jamais construite sur un bateau. Mais aussi une attraction qui vous fait marcher dans le vide, des dizaines de mètres au-dessus de l’océan. Il faut bien divertir les passagers entre les escales. Selon la brochure du Icon of the Seas, ils auront plus de quarante options pour manger et boire en plus des salles de spectacle à bord, dont un piano-bar.

L'armateur accusé de "greenwashing"

Sa première sortie remonte à quelques jours, dans les eaux européennes, pas loin du chantier de Turku, en Finlande, où il a été construit pour un coût estimé à 2 milliards de dollars. Il va voguer dans les mers des Caraïbes au départ de Miami à partir de janvier 2024. Les passagers peuvent choisir parmi 28 types de cabines, mais rien n'est proposé en dessous de 1 500 dollars par personne pour une semaine. La suite sur trois étages avec balcon, machine à pop-corn, karaoké et toboggan pour arriver dans le salon coûte un peu plus cher, 75 000 dollars par semaine d’après les estimations de la presse américaine. Jamais les réservations pour un nouveau bateau n’ont aussi bien marché, affirme-t-on chez Royal Caribbean International.

Les croisières sont régulièrement pointées du doigt pour leur impact environnemental. Royal Caribbean annonce avec fierté qu’il s’agit de son premier paquebot fonctionnant au gaz naturel liquéfié et avec une pile à combustible. L’entreprise met également en avant son programme "Save the Waves" à travers sa flotte ainsi que ses efforts pour se débarrasser du plastique à bord - les pailles ou les bâtons pour touiller son café par exemple. Elle aurait même réduit 35% de ses émissions un an plus tôt que prévu.

Mais en 2016, le Guardian a publié un article sur le Harmony of the Seas, dont chacun des deux moteurs brûlaient plus de 5 000 litres de gasoil par heure. L’équivalent d’une ville entière si l’on en croit l’association belge Transport et Environnement. Deux tiers des navires continueraient à faire tourner leurs machines à quai pour alimenter toutes les activités à bord, ce qui a un effet sur le climat, mais aussi sur la qualité de l’air des ports où les bateaux font escale. Malgré tout, c’est un secteur qui se porte bien. D’après la firme Grand View Research, le marché des croisières pourrait représenter plus de 15 milliards de dollars dans le monde, la moitié aux Etats-Unis.

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