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Un Français sur cinq ne perçoit pas le sens de son travail

Mercredi 1er mai, c'est le jour de la fête du Travail. Une étude révèle que 18% des Français pensent occuper un poste inutile.

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Un  analyste de données sur le clavier de son ordinateur.
Un  analyste de données sur le clavier de son ordinateur. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Ce jour de repos est peut-être l'occasion de prendre du recul sur votre travail. Lui trouvez-vous vraiment un sens ? Un sondage étonnant, mené sur pas moins de 10 000 personnes, montre que près d'une personne sur cinq en doute sérieusement.

Qu'est-ce que c'est qu'un travail qui a du sens ? L'an dernier, une étude avait mis ces ressorts en lumière. Pour qu’un travail ait du sens, les conditions les plus fréquemment citées étaient les valeurs, l’éthique, l’utilité du travail, la compréhension de ce qu’on fait et le sentiment de faire partie d’un projet plus grand que soi. Autant de choses visiblement absentes de la vie d'une bonne proportion des salariés français, à en croire ce nouvel éclairage apporté par l'institut Kantar, qui a interrogé près de 10 000 personnes pour le compte du groupe d'intérim Randstad.

Les "jobs à la con"

Pas moins de 18% des personnes sondées, soit près de une sur cinq, ont le sentiment d'occuper un poste inutile, dont ils ne perçoivent pas le sens, justement. Ce que l'anthropologue américain David Graeber, professeur à la London school of economics, a popularisé sous le vocable de "bullshit jobs", les "jobs à la con". Des emplois tellement inutiles à la société que les salariés qui les occupent ont eux-mêmes du mal à justifier de leur existence, pour reprendre sa définition.

Heureusement, beaucoup disent qu'il faut changer tout ça. Comment ? La création de sa propre entreprise arrive en numéro un. Redonner du sens à son travail, du sens à sa vie, passe par le fait de devenir indépendant pour près d'un quart des sondés. Ca n'est pas un hasard si deux créations d'entreprises sur cinq sont le fait de micro-entrepreneurs.
Deuxième façon de redonner du sens à sa vie professionnelle : changer radicalement de métier. Une personne sur cinq s'y dit prête. Vient ensuite la mobilité interne. Changer de métier, mais en restant dans la même entreprise. Pour se sentir plus utile. Puis le fait de garder le même métier, mais de changer de secteur d'activité. Et enfin quitter son travail pour rejoindre une ONG ou le secteur public. Cela ne concerne qu'un Français sur dix.

Pourtant les formations existent 

Mais les Français sont-ils prêts à faire des sacrifices pour changer ? Peut-être pas assez. Côté formation, pas de problème, le message est reçu de l'importance de la formation tout au long de la vie. Un Français sur deux est prêt à passer par une période de formation et de reconversion même s'il doit être moins bien payé. Une bonne proportion, deux sur cinq, pourrait accepter de déménager pour retrouver un emploi qui ait du sens.
Mais en revanche, dès qu'il s'agit de lâcher un CDI, d'avoir une couverture santé moins favorable ou des conditions de travail plus dures, ça coince. La quête de sens semble passer dès lors au second plan.

Un  analyste de données sur le clavier de son ordinateur.
Un  analyste de données sur le clavier de son ordinateur. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)