Inégalités salariales : les femmes gagnent 11% de moins que les hommes dans les ministères

Une étude publiée il y a quelques jours par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) lève le voile sur les inégalités, même dans les hautes sphères de l'Etat.
Article rédigé par Philippe Duport
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Une femme croise un homme. (FRÉDÉRIC CIROU / MAXPPP)

Certains métiers pourraient donner l’exemple. On pourrait s’attendre à ce qu’à la tête de l’État, les femmes gagnent autant que les hommes. Or il n’en n’est rien. 417 euros de moins dans les ministères français. C’est une différence d’un peu plus de 11%, selon une étude publiée il y a quelques jours par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP). En 2022, les femmes fonctionnaires exerçant dans un ministère percevaient une rémunération moyenne brute de 3 342 euros, quand les hommes touchaient 3 758 euros bruts par mois. Une différence qui a quand même tendance à se réduire. Entre 2011 et 2022, il a régressé de cinq points. Pour les salariés du privé, l’écart salarial est de 24%.

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Trois facteurs

Trois facteurs expliquent cette différence, à commencer par le temps partiel. Il est, comme ailleurs, plus répandu chez les femmes et il explique 77 euros de cet écart. Les 340 euros restants se répartissent selon trois explications. La première est baptisée "effet de ségrégation". Les femmes sont sur-représentées dans des corps ayant une rémunération en dessous de la moyenne et moins nombreuses dans ceux qui payent le mieux. Il y a aussi l’ancienneté : les femmes sont plus nombreuses sur les postes en début de carrière, ce qui explique, note la DGAFP, leur différence de rémunération.

Enfin il y aussi un effet "primes". Des primes liées au temps de travail, au lieu d’exercice ou encore à des spécificités du poste. Les femmes en touchent moins. Les écarts salariaux sont différents selon les échelons, car dans les ministères comme dans toute la fonction publique, il y a trois catégories, de la A, la plus élevée, à la C, la plus modeste. C’est dans la catégorie A que les différences sont les plus élevées : 16%. Les fonctionnaires de catégorie B travaillant dans des ministères connaissent l’écart le plus faible. La catégorie C se situe au milieu, mais avec des métiers très peu mixtes. Les métiers les moins rémunérateurs, comme les métiers administratifs, sont occupés par des femmes, ceux liés à la surveillance et à la sécurité sont très masculins.

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